Mise à l'eau Multi50 Réauté chocolat, Armel Tripon

Armel Tripon met à l’eau son Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT

Armel Tripon met à l’eau son Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT

C’est le grand jour pour Armel Tripon : ce vendredi 7 avril à la Trinité-sur-mer, le Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT est mis à l’eau, après cinq mois de chantier. Le trimaran du skipper nantais sera baptisé officiellement le 20 avril prochain à Nantes. Sa première compétition sera le Tour de Belle-Ile, mais le grand objectif de la saison est la Transat Jacques Vabre, l’automne prochain. Explications avec Armel Tripon, qui fait aujourd’hui son entrée dans le monde passionnant du multicoque océanique.

Armel, RÉAUTÉ CHOCOLAT est mis à l’eau et va être mâté aujourd’hui à La Trinité. Techniquement et symboliquement, c’est un moment important…

« Oui ! Je mets à l’eau le premier multicoque océanique de ma carrière, ce n’est pas rien ! RÉAUTÉ CHOCOLAT va retrouver l’eau, son élément, après une période de travaux conséquente puisque nous lui avons consacré cinq mois de chantier ici, à La Trinité-sur-mer. C’est un bon moment après ce chantier qui a été complexe et par définition un peu stressant. Maintenant, nous allons pouvoir passer à la phase navigation proprement dite, la mise au point sur l’eau et les premières compétitions.»

Dans les grandes lignes, quels sont les travaux les plus importants dont a bénéficié RÉAUTÉ CHOCOLAT cet hiver ?

« La liste est longue, mais pour résumer nous avons commencé par mettre le bateau complètement à nu : nous l’avons entièrement désarmé et désossé. Tout l’accastillage a été démonté, vérifié et remplacé quand nous l’avons estimé nécessaire que ce soit les winches, le gréement, les colonnes, les poulies, toutes les ‘ficelles’ du bord, les filets, etc. Cela nous a permis de refaire entièrement la peinture qui a représenté un gros travail pour tout le team car la préparation et le masquage sont très chronophages, mais le résultat en valait la peine : le bateau est splendide. »

L’électronique et le câblage ?

« Gros dossier également ! Ce poste était identifié comme un des rares points faibles du bateau et, en accord avec mon partenaire, je voulais absolument repartir sur une base saine et fiable. Donc nous avons refait entièrement le câblage et changé tous les équipements électriques et électroniques pour. C’est un autre point très important.»

Les foils : 12 à 15% de gain de vitesse

Et puis il y a eu l’implantation des foils, ces fameux appendices porteurs qui permettent au bateau de s’élever au-dessus de l’eau…

« Bien-sûr. La Classe Multi50 ayant décidé de les autoriser via des foils monotypes – ce qui veut dire que toute la flotte aura les mêmes – nous avons saisi cette opportunité pour faire évoluer le bateau et pouvoir être compétitifs. Le gain de vitesse annoncé est de l’ordre de 12 à 15%. Cela aurait été dommage de ne pas en installer et de regarder partir les petits copains devant nous sur l’eau ! Je ne dis pas que ce chantier a été simple. Le bateau, en fibre de verre, n’ayant pas été conçu pour cela à l’origine, il a fallu énormément le renforcer, de partout, notamment les bras de liaison entre la coque centrale et les flotteurs, et les flotteurs eux-mêmes. Cela représente forcément un devis de poids et il fallait faire attention à respecter les coefficients de sécurité tout en gagnant du poids ailleurs pour compenser. Ils sont solides : capables de supporter des charges de 19 tonnes ! On a beaucoup travaillé là-dessus, notamment avec l’architecte du bateau Guillaume Verdier. Dans la brise, nous devrions être très performants.»

Quel est le programme de cette journée de mise à l’eau et des jours suivants ?

« Nous sortons le bateau du hangar et le mettons à l’eau, nous allons le mâter et faire la jauge (les contrôles de la classe Multi50 ndr) dans la foulée. Puis nous trinquons ensemble ce soir avec mes partenaires et tout le team qui a fait un super boulot pour arriver à ce résultat. Ensuite dès lundi ce sera les premiers bords de navigation, les premiers tests, le réglage des instruments. On va y aller petit à petit, sans tirer sur le bateau, et notre première course sera le Tour de Belle-Ile. »

On imagine que tu as quelques remerciements à adresser…

«J’allais le dire ! En tout premier lieu pour mes partenaires de RÉAUTÉ CHOCOLAT, notamment ses dirigeants Christian et Patrick Buton : si moi je débute dans le monde des multicoques, eux débutent, avec beaucoup d’enthousiasme, dans le sponsoring voile. Pour nous tous c’est une aventure extraordinaire qui commence. J’ai peur d’oublier des gens, mais je voudrais saluer le travail de toute mon équipe qui s’est donnée à fond : mon boat captain Vincent Barnaud ainsi que Mateo Lavauzelle et Jeremy Flahault. Et puis nous avons eu la chance de travailler avec des intervenants extérieurs tous très performants dans leurs domaines respectifs : le chantier JPS, Davy Beaudart qui a fait la peinture ; Tanguy Brodu pour l’électronique ; Nicolas Gilles qui nous a dessiné une déco superbe, l’architecte Guillaume Verdier et d’une manière générale tous ceux qui ont œuvré sur ce joli multicoque, que ce soit au chantier ou chez RÉAUTÉ CHOCOLAT. Un grand merci à tous ! »

L’objectif sportif de cette première saison ?

« Surtout pas de pression de ce côté-là ! L’objectif est de sécuriser le projet au maximum, je n’ai pas du tout envie de brûler les étapes si c’est pour mettre le bateau sur le toit ! Nous sommes d’accord à 100% là-dessus avec RÉAUTÉ CHOCOLAT et nous allons ensemble au moins jusqu’à la prochaine Route du Rhum, en 2018. La classe Multi50, qui propose des multicoques océaniques à budget abordable et reste accessible aux PME connaît un vrai renouveau cette année, avec deux constructions neuves en cours et l’apparition des foils qui vont ajouter de la vitesse et du spectacle. Je pense qu’au départ de la Transat Jacques Vabre nous serons au moins sept Multi50 compétitifs… dont celui de mon ex coéquipier et toujours ami Erwan Le Roux. Ce sera sympa ça aussi… Je pense d’ailleurs qu’Erwan sera présent au baptême du bateau, le 20 avril à Nantes. Ce sera un petit clin d’œil sympa supplémentaire pour commencer l’aventure…»

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