14 mai 2008

 

L'arrivée d'Armel Tripon et de Dominic Vittet 

 

Armel Tripon :

" Je suis content d’être arrivé comme tout le monde après 3 semaines de mer. C’était une longue transat mais on ne s’est pas ennuyé. On est toujours content d’arriver mais on a pris du plaisir en mer.
Dans le premier tronçon de la course, on se décale un peu à l’ouest. On essaie de revenir car on a un peu de retard à Madère. Après, le choix se fait 2 jours après Madère en fait. On part alors sur une route nord avec quelques autres bateaux et très vite, ce nord ne s’avère pas être payant, enfin selon nous. Du coup, on oblique au sud en voyant que la transat ne se gagnera pas par le nord. Donc, on cherche une porte de sortie par le sud mais on n’est pas les premiers à partir au sud. On a donc du retard sur les autres. Les jeux étaient un peu faits.
Dès que l’on part au sud, on sait que l’on a 200 milles de décalage par rapport à ceux qui sont plus sud que nous et qu’on n’arrivera jamais au même point qu’eux. Après, il fallait une opportunité, un trou de souris pour passer. Et on ne l’a pas eu.

A bord, c’est un peu dur quand on se rend compte qu’on n’a pas fait le bon choix. Il faut alors mettre les choses à plat et revoir les objectifs. On a eu une dizaine d’heures un peu dures. Après, on se remet dans le match, on part sur autre chose. On cherche de nouvelles opportunités. A un moment, on a cru que l’on pourrait revenir au contact mais on a été scotché 24h, 24h de néant. Là, on a énormément perdu. Donc, notre objectif était alors de terminer 1er des nordistes et on a pas réussi non plus !

Avec Mino, ça c’est super bien passé. 3 semaines de bonheur, de course hyper enrichissante. Je me suis bien amusé. Il parle tout le temps. Un moment, tu vas à la bannette et lui, il continue de parler ! Il a plein de trucs à raconter, c’est marrant. L’idée de partir avec Mino, c’était aussi d’apprendre énormément. Il a 20 ans d’expérience de course au large, il a tout gagné. C’était voir comment un champion navigue et appréhende la course. "

Dominic Vittet :

" J’écrivais ce matin que lorsque l’on navigue battu, c’est comme lire un livre page par page, ligne par ligne en connaissant déjà la fin. Donc heureusement que j’étais avec Armel sinon, j’aurais frappé le bateau ! Armel est exceptionnel. Il n’a jamais un mot négatif, jamais de découragement… toujours que du bonheur.

Quand on a vu que ça ne passait pas, on a pris la décision sereinement avec Armel. A ce moment là, on était 2ème. Ce qui nous a contrarié, c’est qu’on commençait à se demander comment on allait pouvoir redescendre suffisamment vite donc, il fallait le faire maintenant. Cette décision était très mesurée. On ne perdait pas encore sur les sudistes mais que sur ceux du nord. On a fait 48h de tribord amure. C’est là que l’on a retrouvé le Figaro Les Mousquetaires. Là, on a fait les comptes. Si on continue comme ça, on fait au mieux 10ème. Du coup, on a décidé de jouer. On a retenté notre chance en longeant la dorsale et continuer comme ça pendant environ 36h. A ce moment là, les prévisions pour le nord étaient complètement catastrophiques et s’empiraient de jour en jour. On a donc décidé, un peu contre mauvaise fortune bon cœur, de traverser la dorsale. Là, on a pris un bon coup de poignard dans le dos ! On est resté 24h dans la pétole et on a perdu toutes nos chances…
C’était un peu la loterie. Finalement, Snef aurait été en tête à Madère, ils n’auraient fait jamais ce qu’ils ont fait. On n’a jamais vu un premier prendre la route sud. Ca n’existe pas. Du coup, ils ont tenté leur chance autrement. "

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