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Route du Rhum – Destination Guadeloupe Armel Tripon : « Outsider, ça me va… »

Dans un mois jour pour jour sera donné le départ de la plus mythique des transatlantiques en Solitaire : la Route du Rhum Destination Guadeloupe. A bord du Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT, Armel Tripon peaufine sa préparation avec l’objectif de jouer à fond son rôle d’outsider, face aux plus expérimentés Erwan le Roux et Lalou Roucayrol, entre autres.

A un mois du départ, où en es-tu de ta préparation ?

 « Le bateau est fin prêt, en configuration solitaire ; nous sommes maintenant dans les petits ajustements, les détails. Et depuis la fin des Grands Prix en équipage, je n’arrête pas de naviguer en solo à bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT. Je suis seul sur l’eau toutes les semaines, j’essaie d’aller chercher des conditions un peu rudes, en rapport avec ce que nous allons connaître pendant la course. Je fais des nuits en mer aussi. Pour résumer, je fignole mes repères. »

Cela veut dire quoi au juste « bateau en configuration solo » ?

« Concrètement, c’est peaufiner l’ergonomie, la protection, la configuration des deux pilotes automatiques que je peux utiliser. On a aussi travaillé sur les données de performances qu’on enregistre, l’ajustement des polaires (prédictions de vitesse théorique, ndr), le marquage des réglages en solo avec les nouvelles voiles ou encore affiné les réglages des systèmes anti-chavirage. »

Naviguer en solo jusqu’au dernier moment avant le convoyage vers Saint-Malo te permet aussi de prendre de la confiance ?

« Oui bien sûr. Traverser l’Atlantique en multicoque est tout sauf anodin et chaque fois que je vais chercher des conditions musclées – je suis allé jusqu’à des vents de 35 à 40 nœuds quand même – cela permet d’emmagasiner de la confiance sur les manœuvres, les réglages, les anticipations. C’est essentiel car ce n’est évidemment pas du tout la même chose que naviguer en équipage, où chacun a un rôle bien précis. En solo tu dois savoir tout faire. Tu dois aussi être capable de te reposer, d’aller dormir à haute vitesse. Tu dois naviguer à la fois vite et en sécurité, le premier objectif est toujours de d’abord terminer la course. »

Et c’est forcément plus engagé en multicoque qu’en monocoque ?

« Oui, car en multi tu es toujours un peu sur le fil. Et donc tu dois savoir encore plus anticiper, prévoir ce que tu dois faire et placer les curseurs au bon endroit. Sur ces engins, quand tu passes seul un front avec 40 nœuds de vent comme j’ai pu faire ces dernières semaines, tu prends des infos mais aussi de la confiance en toi, tu gommes tes dernières zones d’ombre. J’ai le sentiment de m’être très bien préparé. »

Côté objectifs sportifs, le statut d’outsider te convient-il ?

« Oui. Sur le papier il est évident qu’Erwan (Le Roux) et Lalou (Roucayrol) sont les deux grands favoris, ils sont les deux marins qui ont le plus d’expérience en Multi50 sur les six au départ de cette course. C’est simple, Erwan a gagné la dernière Route du Rhum et Lalou a gagné la dernière Transat Jacques Vabre devant Erwan… C’est assez parlant. Ceci dit, je pars toujours pour essayer de gagner, en tout cas pour tenter de conquérir le podium. Après, tout dépend des conditions météo, des circonstances de course, des éventuels pépins techniques… Une transat a toujours une part d’aléatoire importante et rien n’est jamais écrit à l’avance ! »

Quels sont les points forts du tandem Armel Tripon-RÉAUTÉ CHOCOLAT ?

« Nous avons démontré cette saison que nous avions une bonne vitesse, on a souvent navigué aux avant-postes. Sur ses foils, RÉAUTÉ CHOCOLAT a un comportement très sain, très marin, il passe bien dans la mer. On a une bonne capacité à accélérer et aussi à maintenir longtemps des vitesses élevées. Le bateau est éprouvé, on a beaucoup travaillé sur le sujet primordial des pilotes automatique, sur le routage, sur les configurations de voile. On a notamment fait faire un petit gennaker de capelage qui s’avère très performant dans la brise. Je dirais que c’est un très bon bateau de large. »

Le compte à rebours est enclenché, ça va venir très vite…

« Oui, dans trois semaines il faut être à Saint-Malo avec le bateau. Mais pas de stress, tout est fin prêt. On peaufine vraiment des détails et je continue à m’entraîner tous les jours, juste pour être bien dans le rythme. »

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