Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie, vient d’arriver à Fort de France (Martinique) ce mardi 23 novembre. Armel Tripon et Benoît Marie ont franchi la ligne d’arrivée à 20 heures 28 minutes 22 secondes (heure de Paris). Ils prennent finalement la cinquième place de la Transat Jacques Vabre dans leur catégorie, après 16 jours 7 heures 1 minute en mer à la moyenne de 17,35 nœuds pour 6782,44 milles réellement parcourus sur l’eau. Les P’tits Doudous est aussi le sixième bateau à arriver en Martinique. Pas mal sur une flotte de 79 concurrents au départ !

 

C’est une belle aventure et quelque part une victoire aussi pour Armel Tripon et Benoît Marie : ils ont réussi à traverser l’Atlantique en étant compétitifs. La chose était loin d’être gagnée d’avance alors que leur bateau avait démâté l’été dernier. Une avarie majeure qui avait contraint les deux skippers nantais à réussir une véritable course contre la montre technique pour être au départ du Havre le 7 novembre. C’est du passé ! Aujourd’hui en Martinique, l’heure est à la joie d’arriver après une traversée de l’Atlantique réussie.

 

« Traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin »

Seize jours de mer et d’aventures plus tard, de grandes glissades rapides, de quelques avaries et de toutes les météos atypiques possibles, il y avait à la fois de l’émotion et du soulagement pour Armel et Benoît qui auront bien mérité quelques jours de repos en Martinique. Car comme répète souvent Armel Tripon « traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin ». Parce que cela engendre toujours de multiples péripéties impossibles à relater aux terriens dans leur intégralité. Des péripéties et moments de vie en mer faits de stratégie, de vitesse, de tactique et de technique mais aussi de sensations, de vie à bord, parfois aussi de simple contemplation de la mer, en communion avec la nature.

Armel Tripon et Benoît Marie se sont parfaitement entendus en mer, dans une ambiance excellente, toujours portés par l’adrénaline de la compétition, souvent avec humour comme ils le signalaient dans leurs carnets de bord. Armel et Benoît se souviendront longtemps du soutien reçu de toutes parts et des multiples décisions à prendre sur cette Transat Jacques Vabre. Par exemple et entre autres dès « la pire dorsale de ma vie » (dixit Armel) quand le vent était totalement absent du golfe de Gascogne en début de course et qu’il a fallu batailler pour trouver enfin du vent et revenir.

 

Souvent proches du podium provisoire

Au long de la course, les skippers des P’tits Doudous auront été très souvent proches du podium provisoire – sauf dans l’archipel des Canaries où le futur vainqueur Primonial s’échappait… à bord du bateau avec lequel Armel Tripon a gagné la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018, pour l’anecdote.

Les skippers des P’tits Doudous n’ont finalement pas réussi à remporter leur dernier duel avec Solidaires en Peloton à l’approche de la Martinique. Cela s’est joué à rien, mais peu importe après tout : quatrième ou cinquième ne change pas grand-chose à l’histoire. On l’a dit, réussir à traverser l’Atlantique en mode compétition est déjà une belle victoire. Qui plus est pour une bonne cause et avec le soutien de nombreux partenaires que les deux hommes ont tenu à remercier. En cerise sur le gâteau, le coup de projecteur médiatique sur la classe des Ocean Fifty (trois d’entre eux Primonial Koesio et Leyton ont été les premiers arrivés en Martinique devant l’Ultim Edmond de Rothschild) n’est pas pour déplaire aux deux skippers des P’tits Doudous. « Le bateau est fabuleux » nous a souvent répété Benoît pendant la course. C’est confirmé.

 

Ils ont dit :

Armel Tripon : « Ce match-racing sur la fin c’était vraiment sympa, ça a mis un peu de piment sur l’arrivée. C’est toujours bien d’avoir un bateau à côté de soi pour aller plus vite. C’était assez intense, très intense même. Elle était bien fatigante cette fin de course.

On a quand même eu deux Pot au Noir pour le même prix ! La double peine. Mais on a montré que les bateaux de notre classe l’avaient traversé de manière assez extraordinaire. On allait vite tout le temps, mais ce sont quand même des zones un peu piégeuses.

Il y a eu plein de super moments, de glisse, de bagarre. On a bien fonctionné, c’était cool.  

Il y a eu quelques passages clés dont la dorsale dans le golfe de Gascogne, le Pot au Noir où on s’est fait un peu lâcher par Leyton. Mais on n’avait quand même pas beaucoup de milles dans les pattes. On était encore en train de tâtonner sur pas mal de choses et dans les phases de transition ça fait des petites différences qui font que les autres peuvent nous distancer.

La perte de l’aérien a été une vraie galère. Barrer, même régler le bateau sans avoir aucune info avec un vent très changeant n’était pas inintéressant mais ça nous a mis quand même une petite difficulté supplémentaire et de la fatigue.

On a été au contact avec des bateaux tout le temps, avec Leyton notamment. Puis on a fini avec Solidaire en Peloton, on discutait avec eux à la VHF. Ils nous ont bien collés et à la fin, ils nous ont bien dépassés. On était un peu vexé, il faut le dire (rires) ! »

 

Benoît Marie : « De cette course, je retiens l’équateur… mon premier, c’était quelque chose.

On n’a pas eu trop de problèmes, on n’a rien caché. Il y a eu un passage à niveau au niveau du Four et ceux qui avaient quelques mètres d’avance sur nous sont partis avec le courant. C’est un premier obstacle qu’on a payé toute la course. Après, il y a eu trois autres passages sans vent qui nous ont coûtés un peu cher.

Il faut quand même rappeler qu’un mois avant le départ, on n’avait pas de mât et pas de sponsor. Être là, c’est quand même une sacrée victoire.

Sans l’aérien, la nuit, on était un peu en aveugle. On ne savait pas quelle voile mettre parce qu’on ne voyait pas la mer, on ne savait ce qu’il y avait comme vent.

Ce matin, ce n’était pas l’ambiance à bord, mais ça fait partie du jeu et on est bien revenu sur eux. Mais on n’aime pas perdre (rires) !

On est très exposé sur ce bateau. On est sous l’eau en permanence. Les conditions de la transat étaient quand même idylliques. Mais on était à quatre pattes tout le temps, comme un chien dans la niche ! Il n’y a pas un endroit dans le bateau où tu es bien, assis, debout ou allongé ».

Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie, a passé la barre symbolique des 500 derniers milles à parcourir. Après une deuxième traversée pénible du Pot au Noir et quelques pépins techniques, Armel Tripon et Benoît Marie se battent pour la 4e place. C’est quasiment leur dernière journée en mer : ils espèrent arriver mardi soir ou mercredi matin à Fort de France. Et, comme toujours avec eux, le moral est bon…

 

Joint en mer ce lundi midi 22 novembre, Armel Tripon raconte : « On retrouve enfin un peu de vent ! Hier et la nuit dernière ont été faiblards. Il a fallu s’extraire du Pot au Noir, on a réussi mais on navigue encore à vitesse un peu réduite, entre 8 et 12 nœuds. Mais je sens que le vent revient et va se renforcer progressivement. On est à moins de 500 milles de l’arrivée à Fort de France, ça commence à sentir bon l’arrivée, c’est cool, mais il faut se battre ! »

 

Seizième jour de mer

En entamant le seizième jour de mer depuis le départ du Havre le 7 novembre dernier, les deux marins des P’tits Doudous ont toujours le moral au beau fixe.

Benoit confiait aujourd’hui : « Ce matin c’est le lever de soleil sous les nuages qui fut absolument fantastique, Thibaud, Fred et leur trimaran bleu 3 milles à notre vent. Toute la journée d’hier nous l’avons passé concentré sur la marche du bateau pour essayer de leur prendre quelques mètres. Le vent mollissant par devant on a réussi à conserver notre faible avance… Et enfin le vent est un peu revenu par devant et pour le dîner on nous a servi quelques noeuds de plus comme prévu. Le pot au Noir version Ouest aura été une bande de vent calme, un grand lac plat plein de petits poissons volants en bancs, sur une eau prenant parfois des reflets teintés de verts quand on traverse les méandres de courants de l’Amazone. Une eau de forêt qui se mixe à la mer, c’est étonnant , on dirait presque qu’il y a quelques petites algues dedans ! »

Et à Armel de compléter : « Le bateau est fabuleux, même s’il n’est pas assez protégé : il n’y a que dans le petit temps qu’on peut se mettre debout, sinon on prend des lances à incendie en plein visage et les organismes sont forcément un peu marqués après plus de deux semaines en mer ».

Forcément, « on a hâte d’arriver » à bord des P’tits Doudous, mais ne pas croire pour autant que le moral est en berne, au contraire. Car lutter avec Solidaires en Peloton est une motivation supplémentaire pour Armel et Benoît. « Oui, clairement c’est bien d’avoir un bateau proche comme ça. C’est la régate des bateaux qui portent les couleurs associatives, c’est marrant et motivant » assure Armel Tripon. « Ceci dit, ils ne nous lâchent pas, toujours collés à nos baskets ces deux-là (Thibaut Vauchel Camus et Frédéric Duthil) mais c’est pour ça qu’on fait ce sport, pour la bagarre à haut niveau. C’est bien plus intéressant que si nous étions seuls dans notre coin.»

 

Petits soucis techniques, beaucoup de temps à barrer

Des petits pépins techniques n’avantagent pas vraiment Les P’tits Doudous, mais peu importe, le sprint final est engagé et tout ce qui compte est maintenant d’arriver en Martinique d’ici quelques heures, une grosse journée. « Nous n’avons plus d’anémomètre depuis quatre ou cinq jours » explique Armel, « et la télécommande du pilote automatique ne fonctionne plus. C’est un peu handicapant parce que nous devons naviguer à l’ancienne, en mode compas et en devant faire des aller-retours dans le cockpit en enjambant les bouts pour commander le pilote depuis la tablette du bateau ».

Résultat : Armel et Benoît passent beaucoup de temps à la barre du trimaran. « Le plus dur, c’est la nuit : on doit éclairer les voiles avec un projecteur pour tenter de suivre les oscillations du vent. Cela fonctionne, mais c’est exigeant et ce n’est pas idéal, évidemment ». « L’ambiance de la nuit c’est tout droit mais un œil rivé sur les voiles qu’on ajuste en permanence pour essayer de grappiller quelques dixièmes de noeuds de vitesse, confirme Benoît. Un bout de réglage sur chacun des 5 winchs du bord, la commande pilote et la carto sur l’écran de l’ordi et on ajuste à chaque souffle ! ».

Ces petits tracas inhérents à la course au large seront vite oubliés mardi soir ou mercredi matin, quand il s’agira de fêter cette traversée de l’Atlantique réussie, a priori à la 4e ou 5e place suivant le déroulé de la course dans les dernières heures.

 

C’est top pour la classe des Ocean Fifty

« Ce qui est top je trouve, c’est de voir que notre classe des Ocean Fifty est devant sur cette Transat Jacques Vabre » note Armel. « D’ailleurs, nous voulons déjà féliciter les trois bateaux devant nous et en particulier Sébastien Rogues et Matthieu Souben qui ont très bien navigué depuis les Canaries. Bravo à eux ! Même si nous avons eu un parcours plus court que celui des Ultim, c’est chouette que ce soit notre catégorie de bateaux qui arrive la première à Fort de France. Seb et Matthieu ont fait une course très belle, ils ont été impressionnants de vitesse. Ils ont su bien exploiter un petit passage météo aux Canaries et après ils ont été très bons. »

Côté vie à bord, « nous avions prévu pour 17 jours de vivres, donc ça va mais ce n’est plus que du lyophilisé depuis quelques jours et il n’y a plus de petits plaisirs côté cuisine. On ne va pas mourir de faim et on a de l’eau » raconte encore Armel Tripon. Il poursuit : « Je me souviens avoir déjà bouclé une Transat Jacques Vabre en seulement 11 jours de mer ! Mais là le parcours est plus ambitieux (rires) »

Impossible aussi de savoir si ce sera une arrivée de jour ou de nuit en Martinique pour Les P’tits Doudous. « C’est encore difficile à dire à 500 milles de la ligne. C’est certain qu’on préfèrerait arriver de jour. On va tout faire pour ça, mais on ne peut rien promettre ! Normalement le vent devrait tenir et nous permettre de progresser correctement, mais on se méfie aussi des derniers milles qui peuvent être piégeux. Car le parcours nous impose d’aller chercher le rocher du Diamant qui est proche de la côte, donc potentiellement dans des zones où le vent peut être faible. »

Benoit complétait, « En attendant on a les yeux rivés sur notre gennacker et le speedo du bateau pour affiner le réglage qui nous permettra de garder cette 4e place jusqu’au bout ! Le match avec le trimaran bleu est intense…»

Bref, l’histoire n’est pas encore terminée ! Mais elle est déjà très belle pour le duo de skippers nantais qui se retrouvent exactement au milieu de la flotte des Ocean Fifty, au pied du podium provisoire. Il faut se souvenir qu’il y a quelques semaines encore le simple fait de participer à la course était loin d’être gagné, après le démâtage du bateau cet été. Ils mènent bien leur affaire, Armel et Benoît. Si vous êtes en Martinique, n’hésitez pas à passer les féliciter pour cette transat réussie.

 

En bref. Au pointage de 17h ce lundi 22 novembre, Les P’tits Doudous est à 431 milles de l’arrivée, avec 9 milles d’avance sur le 5e, Solidaires en Peloton. La bagarre continue !

La vacation matinale avec l’organisation de la Transat Jacques Vabre ne laisse aucune place au doute : la vie est belle à bord des P’tits Doudous qui sont dans l’hémisphère sud depuis la nuit dernière! Dans la voix d’Armel Tripon se dégage le bonheur indiscutable d’être en mer, sur un des bateaux les plus rapides de la course. A quelques heures de passer la marque obligatoire de Fernando di Noronha, Armel et Benoît ont laissé derrière eux un Pot au Noir relativement clément et affichent des pointes de vitesse assez folles… 27.80 nœuds immortalités par une photo. Entre les deux hommes qui disputent leur première course transatlantique ensemble, l’entente est excellente et l’humeur au beau fixe. Alors certes, à terre… et en mer aussi naturellement, on aimerait ne pas voir ces quelques 60 milles concédés suite à une petite erreur de positionnement. Mais n’oublions pas que la route est encore longue d’ici à Fort-de-France et surtout, que nos P’tits Doudous ont de la ressource. Les conditions de navigation des prochains jours, sur la route vers la Martinique, pourraient fort bien donner à notre duo la possibilité de recoller au groupe de tête et venir jouer les chiens dans un jeu de quilles… Autant dire que le suspense reste entier !

 

Armel Tripon livrait ses impressions lors de la vacation ce matin :

« Ca va plutôt pas mal, on avance assez vite vers l’île de Fernando di Noronha. On n’était plus habitué à reprendre de la vitesse… On a eu deux jours assez mous et là c’est reparti plein gadin avec des angles un peu plus serrés, donc c’est même un peu chaud. Il fallait être un peu sur les écoutes toute la journée et le début de nuit. Les angles se sont un peu ouverts. Ca cavale bien, on a de belles conditions. C’est complètement dingue, on avale les milles à toute vitesse.

La négociation du Pot au Noir s’est assez bien passée, on n’a jamais vraiment été arrêté en fait. On a eu quelques nuages compliqués mal négociés, mais sinon c’était plutôt pas mal. On a perdu le fil avec Leyton, ce qui est un peu frustrant. C’est lié à un problème de placement et de choix de voile qui nous ont pénalisés. Nous n’avons pas de Code Zéro mais seulement un petit gennacker qui ne remplit pas les mêmes fonctions. Nous avons donc eu un trou à certaines allures. Après ça, plus tu étais sud et plus tu avais du vent et les écarts se sont créés assez facilement. Ça nous a un peu coûté mais rien de dramatique ! La route est encore longue et on sait qu’on a un bateau qui a du potentiel au portant. C’est un retard acceptable avec une météo qui va faire ralentir les premiers, donc on aura sans doute l’opportunité de recoller et l’enjeu c’est de revenir sur le paquet.

On s’entend bien, on est assez complémentaires. On est sur la même longueur d’ondes sur la manière de naviguer et de prendre les décisions, de mener le bateau. Ça se passe très bien à bord des P’tits Doudous. C’est un chouette bateau qu’on découvre aussi. On avait navigué mais pas tant que ça… »

 

Autre fait notable de ces derniers jours, Les P’tits Doudous ont maintenant la tête en bas après avoir passé l’équateur dans la nuit. Pour l’occasion, une petite fiole de rhum glissée à bord par le photographe du team, Pierre Bouras, a permis de sacrifier à la tradition maritime. Un moment toujours important… avant de reprendre la course.

Après trois jours de navigation à grande vitesse, le vent et la mer se sont calmés pour Les P’tits Doudous, l’Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie. Et pour cause : le trimaran entre dans le célèbre Pot au Noir. Au plaisir d’une navigation enfin agréable s’ajoutent à la fois un paysage somptueux et la satisfaction de tenir tête à Leyton, qui était le favori de cette Transat Jacques Vabre au départ du Havre. Nous avons pu joindre Armel et Benoît en mer. Moral au top.

Ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous sont loin de toute terre habitée. Armel Tripon et Benoît Marie naviguent par 7°59 nord et 26°47 ouest, c’est-à-dire au beau milieu de l’océan Atlantique. Ils évoluent environ 500 milles dans le sud de l’archipel du Cap Vert et à 800 milles de l’île Fernando de Noronha, au large du Brésil, que les Ocean Fifty doivent aller virer avant de remonter vers les Antilles.

 

« On a un camarade de jeux »

En 5e position, ils sont à la lutte pour conquérir la 4e place toute proche, bord à bord avec Leyton, le multicoque de Sam Goodchild et Aymeric Chappellier qui était le grand favori au départ du Havre.

« On a un camarade de jeux » plaisante Armel Tripon, « on les a vu apparaitre à l’AIS sur notre écran hier soir et maintenant ils sont tout près, on les voit sous notre vent. Ils ne voulaient pas traverser le Pot au Noir tout seuls ! » Franche rigolade à bord des P’tits Doudous. Qui exprime aussi la satisfaction de tenir tête au bateau le plus en vue cette saison chez les Ocean Fifty.

Pour Benoît Marie qui ne cesse de dire son plaisir d’être là c’est un signe positif : « Ils ont pu s’entraîner beaucoup plus que nous et là c’est à toi, à moi : un coup on va plus vite qu’eux, un coup c’est l’inverse. Cela veut dire qu’on rivalise en vitesse et ça c’est très satisfaisant ».

 

« Le bateau est fabuleux, c’est une machine à fabriquer du vent »

Avec les prémices des calmes du Pot au Noir, la vitesse a chuté (c’est le cas pour toute la flotte). Armel Tripon explique : « ça fait un peu bizarre après trois jours à foncer entre 20 et 25 nœuds. Mais il faut se rendre compte aussi à quel point Les P’tits Doudous sont fabuleux. En ce moment on a entre 9 et 11 nœuds de vent et on arrive à avancer entre 15 et 18 nœuds. Ce bateau est incroyable, c’est une vraie machine à fabriquer du vent ! »

Ce n’est « que du bonheur » répètent Armel et Benoît, de très bonne humeur. « On a un gros moral oui, comment pourrait-on ne pas l’avoir ? La navigation est très agréable, on ne se fait plus rincer par les embruns sur le pont, et le paysage est splendide ». Armel Tripon décrit : « La carte postale est magnifique. Il y a des énormes cumulus devant nous. Le brassage thermique est incroyable à cet endroit de la planète. Des énormes cathédrales de nuages montent au ciel et apparaissent puis disparaissent comme par enchantement. La mer est plate, on essaye de se faufiler à travers ces gros nuages pour aller le plus vite possible. Ce sont des belles conditions de navigation ».

Et puis il y a ce concurrent tout proche, à vue au milieu de l’Atlantique, qu’il ne faut pas laisser s’échapper. « On est contents » confirme Benoît Marie « On avait 35 milles de retard sur Leyton aux Canaries, on a réussi à revenir à leur niveau et depuis le dernier empannage on est à la même vitesse qu’eux. Pour nous, c’est déjà une petite victoire de les tenir à la régulière, sachant que Leyton était le bateau le plus performant de la saison. »

 

 

Début du 10e jour de course

Au moment d’attaquer le début du dixième jour de course, les deux marins font le point sur la suite des événements. « C’est encore trop tôt pour savoir si on va être beaucoup freinés par le Pot au Noir, car il y a un petit phénomène météo, une onde d’est, qui pourrait changer la donne » explique Armel Tripon. Benoît Marie, lui, évoque les routages qui les feraient doubler avant vendredi l’archipel Fernando de Noronha, au large de Natal, au Brésil.  « Ensuite il restera 2000 milles (soit environ 3700 km) jusqu’à l’arrivée. On peut espérer couvrir 500 milles chaque jour, en tous cas on y croit, ce qui ferait qu’une fois à Fernando de Noronha il nous resterait quatre jours de navigation, ce qui nous donnerait une arrivée vers le 22 ou 23 novembre ». Une estimation à prendre avec grande précaution, comme toujours, car au final c’est bien la météo qui décidera.

Les P’tits Doudous sont en état impeccable pour boucler cette deuxième moitié de course : « on n’a rien cassé à bord, rien du tout, le bateau est à 100% de son potentiel… nous aussi ! »

Il y a des rires à bord. C’est bon signe.

 

En bref. Au pointage de 13h ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous est à 2800 milles de l’arrivée, au milieu de l’Atlantique. En cinquième position à 211 milles du leader Primonial et à quasi-égalité avec le 4e Leyton.

C’est une carte postale quasi paradisiaque que nous dresse Armel Tripon en ce dimanche de novembre. Du soleil, de la chaleur, de la vitesse… la vie à bord des P’tits Doudous a tout pour donner le sourire à ses skippers. Ajoutons à cela une stratégie qui leur a permis de se recaler dans le match au passage des Canaries et de pointer désormais à la quatrième position… et le tableau est complet, heureux et enthousiasmant. Certes, pour arriver à cela, les marins doivent s’imposer un rythme intense et accepter de voir leurs plages de repos respectives entrecoupées pour enchaîner les manœuvres. Mais le jeu en vaut la chandelle et c’est bien là tout l’intérêt du double. Le prochain point de passage délicat s’annonce d’ores et déjà sur la route d’Armel et Benoît Marie avec la négociation du Pot au Noir, un passage obligé qui va inévitablement venir pimenter cette Transat Jacques Vabre. Vivement la suite !

 

Armel Tripon évoquait les conditions de navigation ce matin lors d’un message envoyé à l’équipe à terre : « Dimanche en direction des îles du Cap Vert et du Pot au Noir. On a quitté les Canaries il y a à peine deux jours et là ça descend très très vite avec des bords assez hallucinants où le bateau est à 23/24 nœuds. La mer s’est vraiment aplatie donc c’est super agréable. On est sous le soleil, ça va vite, au chaud. Les voiles sont magnifiques et Les P’tits Doudous cavalent ! On reprend des milles sur nos concurrents. On essaie de jouer les bascules au mieux et de se positionner pour la suite. C’est vraiment sympa, en revanche, ça fait beaucoup de manœuvres et des petites nuits entrecoupées où à chaque fois notre quart dure une demi-heure au lieu de durer deux heures. Mais c’est le prix à payer et on est quand même bien content de faire avancer ce bateau le plus vite possible au bon endroit ».

Pas d’armistice sur l’Atlantique pour nos marins qui poursuivent leur descente vers le Sud et en apprécient les premiers signes palpables avec des températures qui montent progressivement et une vie à bord qui se fait tout de suite plus agréable. Armel Tripon et Benoît Marie ont salué les côtes lusitaniennes dans la nuit et croisent actuellement au large du Cap Saint-Vincent, pointe la plus occidentale de l’Europe. Prochain objectif pour Les P’tits Doudous, les Canaries et une négociation dont les contours ne sont pas encore clairs. A l’heure où les terriens vont profiter d’un jour férié, ce 11 novembre va plutôt être placé sous le signe d’une tempête sous deux crânes pour nos marins qui ne boudent pourtant pas le plaisir de se retrouver au cœur de cette véritable régate océanique qu’est la Transat Jacques Vabre.

 

Contacté par l’organisation lors d’une vacation ce matin, Benoît est revenu sur la vie à bord des P’tits Doudous : « Tout va bien, je prends mon quart et je viens de me faire un petit thé. On avance à 14 nœuds dans la bonne direction et on est enfin sec, ce qui est une bonne nouvelle ! On a passé la latitude de Lisbonne dans la nuit et là on s’approche de la latitude du Cap Saint-Vincent. On commence à rentrer dans le Sud ! J’ai enlevé mes bottes il y a deux heures et c’est super agréable de rentrer dans une phase moins hivernale.

On ne voit pas nos concurrents en visuel, on ne les a pas à l’AIS non plus. Le plus proche est à 17 milles donc ce n’est pas si proche que ça. Mais en revanche, il y a une super bagarre ! C’est top, on est dessus ! On compare nos performances toutes les heures, à chaque quart. C’est une régate ! Il y a du match, des options à prendre… C’est super intéressant, on est ravi d’être là !

On a à peu près 10 nœuds de vent, on avance à 14 nœuds. C’est très oscillant et instable en force et en direction. Il y a de beaux nuages, on ne voit pas la Lune. C’est nuit noire… Mais l’air est sec et c’est la première fois depuis le départ, parce que pendant les dorsales, il y avait de l’humidité en permanence et ce n’était pas très agréable.

On est à 571 milles de l’entrée dans les Canaries, donc d’ici deux jours on devrait y être. C’est top quand on commence à viser le way-point des Canaries et de Madère, ça veut dire qu’on commence à s’approcher de l’Afrique et de ses températures.

Pour l’instant ce n’est pas clair… est-ce que c’est un passage à l’Ouest ou dans les Canaries. C’est un peu tôt pour le dire. Il y a plusieurs options en fait. L’option Ouest, qui était envisagée hier, s’ouvre ou se ferme en fonction des modèles. A chaque fichier météo, on réactualise notre scénario mais dans tous les cas, il va y avoir un long tribord amures puis un empannage pour aller viser les Canaries ». 

 Tout va très bien à bord pour Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty mené par les skippers nantais Armel Tripon et Benoît Marie. Trois jours après le départ de la Transat Jacques Vabre Normandie – Le Havre, ils ont réussi à s’extirper des vents faibles de la dorsale anticyclonique et à accrocher le bon wagon. Ils naviguent actuellement à la 4e place de leur catégorie, au large du Portugal. Trimarans « Ultim » inclus, seulement 8 des 79 bateaux en lice au départ sont devant eux. Nous avons pu les joindre à bord, ce mercredi midi 10 novembre. Le moral est au beau fixe ! 

 

Les P’tits Doudous sont quatrièmes, à la chasse au podium provisoire ! Armel Tripon et Benoît Marie prennent bien leurs marques, trois jours après le départ de la Transat Jacques Vabre donné dimanche au Havre. Depuis, le duo a, comme toute la flotte, affronté les affres de la dorsale anticyclonique et ses vents très faibles qui barraient la route à la pointe de Bretagne et dans le golfe de Gascogne.

Aujourd’hui mercredi 10 novembre, le trimaran Les P’tits Doudous navigue 120 milles au large de Porto (Portugal), très exactement en milieu de flotte des Ocean Fifty :  quatrièmes, avec trois bateaux devant et trois bateaux derrière. Pas mal ! Surtout quand on se souvient que leur bateau avait démâté au mois d’août et qu’ils avaient dû mener à bien une véritable course contre la montre pour réparer le mât, remâter et réussir à être au départ du Havre dans les temps.

 

« On ne navigue plus en-dessous de 20 nœuds, c’est le tarif ! »

Benoît Marie explique qu’au moment où on les appelle ils sont « en déjeuner en terrasse, avec poule-au-pot pour moi et couscous pour Armel (lyophilisé). Le ciel est plutôt couvert avec quelques trouées bleues et un peu de soleil. Il y a un peu de mer mais c’est vraiment sympa, ça permet de surfer. »

Les deux skippers nantais ont le sourire en faisant le point après trois jours de course sur cette Transat Jacques Vabre : « Maintenant, c’est nickel, ça glisse, c’est cool ! On ne navigue jamais en-dessous de 20 nœuds, c’est le tarif (rires) ! On n’a rien cassé sur le bateau, vraiment rien, et donc tout va bien, on a le moral ! »

La dorsale de vents faibles qui a marqué ce début de course n’est plus qu’un mauvais souvenir. Armel Tripon confirme : « Ce n’est rien de dire que le passage de la dorsale a été compliqué, on en a perdu des cheveux (rires) ! (Armel Tripon est chauve, ndr…). C’était la pire dorsale de ma vie ! C’était long, long, long ! On a mis plus de 24 heures à en sortir. C’était dur de voir les autres partir devant, mais ce qui est très positif, c’est qu’on a réussi à sortir en tête de notre paquet, ce qui donne notre position actuelle avec trois bateaux devant nous et trois bateaux derrière. »

 

Importante décision à prendre dans les 24 heures

Sur la route depuis Le Havre, il y a eu de jolis croisements, de belles rencontres en mer comme raconte Benoît Marie : « On s’est retrouvés plusieurs fois bord à bord avec les autres, on a vu Leyton, Groupe GCA-1001 Sourires,Arkema assez longtemps, ça s’est joué à pas grand-chose pour qu’on passe devant eux. On a vu aussi pas mal de cargos et là on croise un petit voiler de plaisance, c’est sympa… et il y a beaucoup de plaisir : on fait la Transat Jacques Vabre, tout de même ! »

Les deux marins ont la voix enjouée, malgré la fatigue des manœuvres incessantes et de deux nuits sur trois presque sans sommeil (la première et la dernière). Un tempo qui « tire sur la couenne » mais qui offre beaucoup de plaisir aussi, quand les trois quarts de la flotte de la Transat Jacques Vabre n’ont pas encore passé le cap Finisterre et que Les P’tits Doudous, lui, navigue au large du Portugal dans des conditions agréables. « On est mieux là avec le bateau super sain qui file à 20 nœuds qu’au milieu du golfe de Gascogne à tourner en rond à 5 nœuds ! »

La suite ? Il y a une grande décision à prendre dans les 24 heures à venir. Armel Tripon explique : « Là, on navigue dans un petit couloir de vent le long du Portugal, en bordure d’anticyclone. Il nous faut ajuster la trajectoire pour rester dans ce couloir, avec une bataille d’empannages à la clé. Mais dans les jours à venir le vent ne va faire que mollir et il y a une grande décision à prendre dans moins de 24 heures. Le choix sera grosso modo entre une route Sud qui glisserait le long des côtes de l’Afrique et une route Ouest qui traverse une nouvelle dorsale pour aller chercher une dépression vers les Açores. On a déjà notre petite idée (et les multicoques ont droit au routage extérieur) mais la décision n’est pas prise encore ; et si elle l’était je me garderais bien d’en parler pour l’instant ! Disons qu’on a une petite idée, mais qu’elle reste à confirmer. »

Humour, vitesse, réglages des voiles, stratégie météo… ainsi va la vie à bord du trimaran Les P’tits Doudous. « On navigue vite, on est très contents de notre bateau, c’est super agréable. On ne va pas se plaindre ! » Derrière les voix des deux skippers, on entend les sifflements caractéristiques du bateau qui trace vite sa route vers le Sud. « Le podium provisoire n’est pas très loin, c’est notre prochain dossier… »

 

En bref.- A 13h ce mercredi 10 novembre, Les P’tits Doudous naviguait à 20 nœuds par 41°02 Nord et 11°31 Ouest, (c’est-à-dire au large de Porto) à 4574 milles de l’arrivée, en quatrième place des Ocean Fifty, à 50 milles du leader Koesio et une vingtaine de milles du troisième, Primonial.

 

Rarement la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre n’avait réservé une entrée en matière aussi particulière. Soumis l’influence d’une dorsale confortablement installée sur la route, les concurrents n’ont d’autre choix que de prendre leur mal en patience, subissant des vents erratiques, aussi volages en force qu’en direction. A bord de l’Ocean Fifty Les P’tits Doudous, Armel Tripon et Benoît Marie restent philosophes et gardent la tête froide face à une situation qui aurait de quoi rendre fou. Le retour d’un semblant de stabilité leur ouvre une fenêtre plus favorable sur la suite et notamment la perspective de recoller à leurs concurrents. Mais une chose est sûre, cette transatlantique, comme beaucoup d’autres, va jouer avec les nerfs des marins… et des terriens. Pour affronter la difficulté et le suspense de cette course, rien ne vaudra alors la douceur d’un P’tit Doudou. !

 

« Il y a du sport ! »

En mer comme à terre, il est des moments où l’esprit a besoin d’être occupé. A bord d’un Ocean Fifty, plongé au cœur d’une situation météo d’une grande complexité, Armel Tripon a à cœur de partager son quotidien avec son équipe à terre : « Ca ne se passe plutôt pas si mal ! Nous avons retrouvé un vent plus stable depuis quelques heures. Est-ce que ça va tenir ? Ce n’est pas si simple. Nous étions bord à bord avec GCA – 1001 Sourires et ils sont maintenant derrière. Nous espérons que la sortie n’est plus trop loin maintenant. C’est un peu longuet quand même ces zones sans vent, cette traversée de dorsale. C’est toujours un peu stressant de voir les autres partir inexorablement mais on sait qu’en multicoque les distances se font et se défont aussi vite, donc pas d’inquiétude. Le ciel se dégage peu à peu et nous ne sommes pas loin de la sortie. La mer est plate, c’est assez sympa.  Nous sommes sous J1, nous étions sous gennaker tout à l’heure, puis J1, puis gennaker… il y a beaucoup de changements en direction et en intensité. Nous nous amusons bien, il y a du sport !

Nous venons de finir deux lyophals délicieux, merci Sodebo ! Benoît est allé faire une petite sieste à bord des P’tits Doudous et en attendant, pour moi c’est café et réglages ! ».

 

« Ca glisse vers le cap Finisterre et le pays des tortillas ! »

Le temps d’un changement de quart, Benoît Marie prend le relais au clavier pour exprimer le bonheur d’avoir trouvé un trou de souris pour se sortir de ce mauvais pas et celui de partager cette Transat Jacques Vabre avec Armel : « Le soleil est réapparu ! Ça fait du bien de sortir de l’humidité omniprésente depuis le départ, par les embruns puis la bruine et l’air humide de la dorsale. Nous avons été accompagnés par des dauphins joueurs une grosse partie de la nuit. Nous entendions leur souffle autour du bateau. C’était, j’en suis sûr, un bon présage. Ils nous ont guidé vers la sortie et après être passés à 200 m de GCA – 1001 Sourires et s’être arrêtés ensemble, nous sommes repartis avec le nouveau vent et au dernier pointage, nous leur avions mis 18 milles ! Ça fait plaisir d’avoir trouvé la sortie en premier du groupe de l’Ouest. En ce moment, sous gennaker, ça glisse vers le cap Finisterre et le pays des tortillas ! Nous avons hâte d’enlever des couches de vêtements mais déjà il fait moins froid. Nous avons trouvé notre rythme et c’est fluide à bord. J’ai pu dormir ce matin et maintenant c’est Armel qui se repose. De quoi charger les batteries pour attaquer la suite. Il va y avoir pleins d’opportunités mais nous sommes tous les deux contents d’être là, en mer en train de faire la Transat Jacques Vabre ! ».

 

 

Après l’émotion hier au Havre, les marins de la Transat Jacques Vabre sont à présent dans le vif du sujet. Contrastant avec les images spectaculaires du départ et l’envolée des Ocean Fifty devant les falaises d’Étretat, cette première nuit de course leur a réservé des conditions de vent légères et capricieuses, imposant un tracé très laborieux sur la cartographie ce matin. A bord des P’tits Doudous, Armel et Benoît en ont profité pour se mettre dans le rythme et entrer dans leur course. Les deux skippers ont pris le temps de donner quelques nouvelles et de partager une première photo matinale qui donne une idée de l’ambiance du moment, à l’heure où ils s’apprêtent à négocier le passage de la pointe de la Bretagne. 

 

Message de la nuit d’Armel et Benoît : « Départ superbe dans le bon tempo jusqu’à maintenant. Petite perte sur le groupe de tête dans du vent très changeant. Pas simple de trouver vite les bons réglages. Arrivée sur Ouessant dans 2 heures, le vent molli sérieusement ! Le jeu commence ! »

Et de compléter quelques heures plus tard : « Ça repart doucement sous une pluie fine… ». 

Ce dimanche 7 novembre, à 13h27, les 158 concurrents de la 15ème édition de la Transat Jacques Vabre ont pris leur envol, direction Etretat, avant de se lancer à l’assaut de l’Atlantique dans des conditions idéales. Lancés à pleine vitesse, les Ultimes ont pris la tête de la course, suivis par les Ocean Fifty, les Imoca, puis les Class40

L’émotion était présente sur les pontons des bassins du Havre ce matin. Les 79 équipages ont largué les amarres sous les applaudissements d’un public venu en nombre, de leurs proches et de leurs équipes. Les conditions météorologiques étaient idéales pour un départ. Les bateaux ont pu toucher un vent de nord-ouest oscillant entre 15 et 20 nœuds sur une mer clapoteuse illuminée par de belles éclaircies. Un spectacle réussi. Les 5 Ultimes, 7 Ocean Fifty, 22 Imoca et 45 Class40 ont tous aligné leurs étraves vers Etretat pour enrouler la première marque de parcours avant de pouvoir mettre cap vers L’Atlantique pour le début d’un long parcours.

Après le passage de la première marque de parcours, les 79 bateaux ont tiré la barre, direction l’Ouest afin de sortir de la Manche. La première nuit sera synonyme de choix pour les marins. En effet, la flotte devra gérer les forts courants de la presqu’île du Cotentin qui constitue un paramètre important dans la course, puis ils rencontreront une dorsale anticyclonique qui se renforcera à la pointe Bretagne. Ils devront donc prendre des décisions stratégiques dès le départ avant même d’aborder l’Atlantique.