Dans la continuité d’une année 2021 marquée par son retour en Ocean Fifty et d’une Transat Jacques Vabre sous les couleurs des P’tits Doudous, Armel Tripon va de nouveau arborer fièrement le doudou rose de l’association dont il est le parrain dans sa grand voile en 2022.  Mais il va également écrire la suite de l’histoire avec de nouveaux partenaires, au premier rang desquels le Mouvement national des Scop (Sociétés coopératives et participatives) et des Scic (Sociétés coopératives d’intérêt collectif), et l’entreprise coopérative Bouyer Leroux, qui viennent rejoindre les entreprises mécènes déjà engagées. Ensemble, ils vont mettre le cap sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe sur laquelle Armel Tripon a un titre à défendre.

 

Une course dans la course

C’est avec une participation à la 1000 milles Les Sables qu’a débutée la saison 2022 d’Armel Tripon. Une participation qui s’est malheureusement soldée par un chavirage au large de La Corogne après un peu plus de 24 heures de course. Remis à l’endroit et rapatrié en Bretagne, l’Ocean Fifty blessé fait depuis l’objet de toutes les attentions. Pour le navigateur nantais et son équipe, l’objectif est clair : gagner une autre course, celle du chantier destiné à lui redonner ses ailes et tout son potentiel pour retrouver le large le plus rapidement. « Nous faisons tout pour revenir le plus vite possible à la compétition, confirme Armel. Nous espérons pouvoir disputer l’épisode brestois du Pro Sailing Tour. Dès le retour du bateau en chantier, une équipe très compétente s’est mise en place et nous avons attaqué dans le vif du sujet. La bonne nouvelle c’est que le trimaran n’a subi aucun dommage structurel. Il n’y a donc rien de problématique à résoudre. Nous en profitons pour améliorer certains points pour être encore plus performants au départ de La Route du Rhum ».

 

La force du collectif !

Si Armel Tripon assume cet « imprévu » avec autant de confiance, c’est qu’il est loin d’être seul pour y faire face. Dans cette épreuve, il peut naturellement compter sur le soutien sans faille des soignants des P’tits Doudous, l’association à laquelle il se consacre depuis 2016 et sur les partenaires historiques du projet. Une dynamique porteuse aujourd’hui renforcée par l’arrivée à leurs côtés du Mouvement national des Scop et des Scic, et de Bouyer Leroux, Scop elle-même, qui rejoignent l’aventure pour faire souffler un vent participatif et collectif. Rien de mieux quand on sait que LE rendez-vous phare de la saison sera une transatlantique en solitaire. Un état d’esprit exprimé et revendiqué par Armel : « Il y a entre Les P’tits Doudous, les Scop et moi, une vraie conjonction de philosophie, de modèles, de manière d’imaginer le monde de demain. Je m’y retrouve vraiment, c’est une belle alchimie. C’est assez fort de pouvoir porter ces messages et d’essayer de les incarner avec mon équipe. Les Scop s’appuient sur un modèle démocratique et participatif. Ce type d’organisation me parle ! En matière de course au large, même pour une épreuve en solitaire, la force du collectif est essentielle. Chacun a sa place, une voix qui compte et la possibilité de s’exprimer. Avoir le soutien des 81 000 salariés des Scop et Scic et de les savoir à mes côtés est une source d’énergie et une motivation incroyables ».

 

Confiant et serein pour Le Rhum !

Malgré un début de saison quelque peu « chahuté », Armel Tripon espère bien retrouver la concurrence sur le dernier épisode Pro Sailing Tour fin juin et garde avant tout en ligne de mire la Route du Rhum – Destination Guadeloupe qui partira de Saint-Malo le 6 novembre prochain et mettra le cap sur Pointe-à-Pitre. Rendez-vous phare de 2022, le skipper des P’tits Doudous viendra y défendre son titre avec enthousiasme et tentera de réaliser le doublé après l’avoir remportée en 2018 en Ocean Fifty. Des retrouvailles qu’il aborde sans aucune pression : « Le plateau de La Route du Rhum est le plus beau qu’on puisse imaginer. J’ai l’avantage d’avoir déjà gagné cette course, j’y vais donc sans pression».

 

 

Témoignages :

 

Nolwenn Febvre, présidente et fondatrice de l’association « Les P’tits Doudous » : « Cette saison 2022 va nous permettre de transformer l’essai de 2021 et de la Transat Jacques Vabre. Plus nous avançons et plus les partenaires nous rejoignent pour partager des valeurs fortes, plus c’est évident pour tout le monde. L’arrivée des Scop et des Scic à nos côtés nous a déjà permis de rencontrer de nombreux chefs d’entreprises qui souhaitent s’engager autant pour Armel que pour Les P’tits Doudous. C’est aujourd’hui ce qui fait la force de ce projet et du lien qui nous unit à Armel. Il y a par cet engagement du Mouvement national des Scop et des Scic, la volonté d’embarquer tous les salariés dans le sillage de l’Ocean Fifty, tout comme je souhaite embarquer tous les soignants de l’association ».

 

Jacques Landriot, président de la Confédération générale des Scop et des Scic : « Nous avons été séduits par ce projet pour deux raisons. Nous avons d’abord eu envie de soutenir Les P’tits Doudous parce que leurs actions concernent les enfants et que leur mode de fonctionnement repose sur le recyclage et l’économie circulaire. Armel, de son côté, est non seulement un excellent marin, mais il a également, avec ce projet de construction d’un Imoca à partir de carbone déclassé, une vision qui correspond en tous points aux valeurs qui sont les nôtres. Cette solidarité et cette conviction que l’économie circulaire doit prendre toute sa place sont les deux engagements forts de notre réseau. Nous allons faire de cet accompagnement des P’tits Doudous une grande cause de notre Mouvement. Nous souhaitons construire avec eux dans le temps et nous travaillons dès à présent sur le Vendée Globe 2024 ».

 

Cyrille Rocher, directeur de l’Union régionale des Scop et des Scic Occitanie Pôle Pyrénées : « Je vois, dans tous les collaborateurs des Scop et Scic que nous accompagnons, des familles et pas des individus. J’ai toujours une pensée pour le nombre d’enfants concernés quand nous intervenons auprès d’une société coopérative, ou pour en créer une. Les enfants sont l’avenir et cette notion de famille porte une valeur forte pour nous. Nous ne pouvions qu’être sensibles aux P’tits Doudous. Leurs actions sont des lanceurs d’alerte. Par ailleurs, nos similitudes avec la voile sont très nombreuses. Même quand il y a des vents contraires, un marin avance. En matière de management d’entreprise, il est rare d’aller d’un point A à un point B en ligne droite. Il faut sans cesse s’adapter aux éléments, qu’ils nous soient favorables ou pas ! ».

 

Rolland Besnard, PDG du Groupe Bouyer Leroux : « Nous avions le souhait de nous engager en faveur d’une grande cause et, autant que possible, de réussir à combiner cet engagement avec un domaine que nous connaissons un peu : la voile. La conviction que Nolwenn Febvre, présidente des P’tits Doudous, met dans ce qu’elle entreprend pour les enfants opérés, et le duo qu’elle forme avec Armel Tripon, nous ont convaincu d’embarquer à bord de ce très beau projet, avec l’ensemble de nos salariés. Nous sommes nous-mêmes une Scop, et la dynamique initiée par le Mouvement national conjuguée au défi sportif, vont nous permettre de mobiliser nos collaborateurs et d’y associer nos clients. Les valeurs humaines portées et défendues par Les P’tits Doudous font déjà naître chez nous une fierté à prendre part à cette aventure. Le projet de construction du futur Imoca d’Armel Tripon fait naturellement écho à notre statut d’entreprise la plus décarbonée en Europe dans le domaine de la briqueterie. Nous l’étudions avec attention ! ».

 

Bruno Fustemberg, PDG de Moulin Roty : « Nous avons été les premiers à nous engager avec Armel Tripon, en l’accompagnant sur la Mini Transat qu’il a remportée en 2003, et auprès des P’tits Doudous. Il existe un lien fort entre nous. Nous partageons les mêmes valeurs avec Armel et Les P’tits Doudous. Cette association nous tient particulièrement à cœur parce que ça touche à l’enfant, c’est directement lié à notre savoir-faire. Si nous suivons Armel, c’est autant pour le marin que pour l’association ! C’est pour cela également qu’en tant que Scop, nous avons proposé au Mouvement national de rejoindre l’aventure. Nous sommes ravis de nous associer à ce beau projet et nous comptons bien suivre Armel et Les P’tits Doudous encore longtemps ! »

 

 

A propos de la CG Scop
Porte-parole des 81 000 salariés représentant 7,7 milliards de chiffre d’affaires auprès des pouvoirs publics et des acteurs politiques, économiques et sociaux, la Confédération générale des Scop et des Scic a pour mission de coordonner et d’animer le réseau des Scop et Scic, présent sur tout le territoire avec 9 unions régionales et 4 fédérations de métiers (BTP, industrie, communication, CAE). Le réseau propose un service complet aux Scop et Scic adhérentes et aux porteurs de projet : accueil et suivi personnalisé, accompagnement juridique, solutions de financements adaptées à la création d’entreprises comme à leur développement, formations, échanges professionnels… www.les-scop.coop

 

Les opérations de récupération de l’ OCEAN FIFTY Les P’tits Doudous se poursuivent sur la côte espagnole, sous la houlette d’Adrien Hardy et son équipe. Arrivés sur zone hier matin, ils s’activent depuis à récupérer tout ce qui peut l’être après le chavirage intervenu dans la nuit de dimanche à lundi. Bonne nouvelle en ce mercredi après-midi, Les P’tits Doudous ont pu être retournés et même si le mât est en plusieurs morceaux, la plateforme elle-même semble relativement épargnée.
Comme souvent quand un coup dur survient en mer, une solidarité et une mobilisation se mettent vite en place. C’est cette belle chaîne, cette formidable énergie qui accompagne Armel et toute son équipe depuis que le trimaran de 50 pieds a chaviré au nord-est de l’Espagne. Sur place depuis hier matin, l’équipe de sauvetage a tout mis en œuvre pour récupérer un maximum de matériel. Après avoir rencontré quelques difficultés à remettre la plateforme à l’endroit en pleine mer, la décision a été prise de le remorquer dans la baie de Carino, à l’entrée de la Ria Ortigueira. Les autorités portuaires voisines de La Corogne ont tout de suite proposé leur aide et tout mis en œuvre pour faciliter les choses en libérant l’équipe des formalités administratives et en dépêchant une grue au plus près du bateau. Avec leur précieuse collaboration, le retournement des P’tits Doudous a pu s’effectuer sans aucun problème. Adrien Hardy et son équipe se sont activés à préparer le bateau pour le ramener en Bretagne.
Une opération rondement menée puisque l’Ocean Fifty est désormais en remorque vers la baie de Quiberon, pour une arrivée prévue entre vendredi soir et samedi matin.
 Une bonne nouvelle qui donne à Armel Tripon l’énergie de se tourner vers la suite :
« Soulagement ! C’est le premier mot qui me vient en voyant Les P’tits Doudous à l’endroit. Le bateau est intègre et ceci grâce au professionnalisme de tous. La course au large est collective et solidaire, et ce chavirage me le prouve d’autant plus. Merci à mon équipe d’abord à qui je dois tant. Merci aussi à Adrien et son équipage pour leur efficacité, à Denis Hugues et toute l’organisation de la 1000 Milles des Sables, au MRCC et à Carlos Fernandes de Landa Suansez de la MARINA CORUÑA. Un immense merci aux 110 associations Les P’tits Doudous pour leur soutien sans faille qui me touche beaucoup. Merci à nos partenaires qui vont nous permettre de repartir de plus belle, avec encore plus d’envie. Merci à toutes et tous pour vos messages chaleureux et réconfortants. A très bientôt sur l’eau pour la suite de la saison, sans oublier la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, en novembre prochain ».
Peu avant minuit ce dimanche 10 avril, Armel a chaviré à bord de son Ocean Fifty au large de La Corogne. Alors en course sur la 1000 milles des Sables, en solitaire, le skipper des P’tits Doudous a rapidement été hélitreuillé et ramené à terre. Tôt ce matin, une équipe de sauvetage, menée par Adrien Hardy, a pris la mer pour aller récupérer le trimaran sur zone. Quelques heures après son arrivée dans le port espagnol, Armel est revenu sur les circonstances du chavirage.
La nuit dernière, le skipper des P’tits Doudous évoluait dans un vent de Sud Ouest de 18 à 19 nœuds, sur une mer formée avec une houle d’Ouest, quand son trimaran de 50 pieds a chaviré. Dans ces conditions relativement instables, le Nantais dont on connait l’expérience et le sens marin naviguait prudemment, sous petit gennaker et balasté à fond. Réfugié à l’intérieur de la coque centrale de son Ocean Fifty dans un premier temps, il a rapidement été hélitreuillé par les secours espagnols et déposé à terre, à La Corogne où il a passé la nuit. Dans le même temps, l’opération de récupération du bateau s’est organisée depuis Lorient, sous la direction du navigateur Adrien Hardy dont l’expertise en matière de sauvetage de voiliers de course n’est plus à démontrer. L’équipe devrait arriver ce soir sur zone, aidée par une balise de positionnement activée par Armel avant de quitter le bord, afin de localiser la position des P’tits Doudous.
Joint ce matin par téléphone, Armel, naturellement sous le choc, est revenu sur les évènements de la nuit dernière : « J’étais sous petit gennaker et balasté à fond quand c’est arrivé. Je n’étais pas en mode attaque du tout. Je faisais route au 140 quand le pilote automatique a décroché et que le bateau s’est retrouvé à 70° du vent. Le pilote a mal réagi face à une survente et là où il aurait dû abattre, il a lofé. Je me trouvais à l’intérieur et quand je suis sorti, le gennaker claquait. J’avais pourtant mis les largeurs qui permettent de choquer les voiles en grand en cas de besoin, mais ça n’a pas fonctionné. J’ai voulu abattre de nouveau mais en deux secondes les étraves ont planté. Je le suis précipité à l’intérieur… j’ai entendu un crac au moment où le mât a touché l’eau, puis le bateau a chaviré ».
En sécurité à terre, à La Corogne, Armel n’est pas blessé. Il attend désormais que l’équipe partie de Lorient tôt ce matin arrive sur la zone du chavirage pour suivre les opérations de remorquage.
Face à cette situation très difficile à vivre pour Armel et pour toute l’équipe, les partenaires sont plus que jamais unis pour faire face et soutenir le skipper. Nolwenn Febvre, Présidente et Fondatrice des P’tits Doudous : « Les soignants des P’tits Doudous sont tous mobilisés derrière Armel. Les tempêtes sont notre quotidien à l’hôpital et nous savons les gérer. Armel nous aide toute l’année en étant un parrain très engagé et aujourd’hui c’est à nous de l’aider. Nous sommes de tout cœur avec lui ».

En septembre dernier, Armel Tripon annonçait le lancement d’une collaboration inédite avec le Technocentre AIRBUS de Nantes, mettant le cap sur la construction d’un nouvel IMOCA à partir de fibres de carbone déclassées et de chutes de pièces composites. Aujourd’hui, le projet se structure dans le sillage de la dynamique initiée sur la dernière Transat Jacques Vabre, avec un bateau aux couleurs de l’association « Les P’tits Doudous », porté par un collectif de partenaires. Le navigateur nantais espère concrétiser sa démarche en lançant, en juin prochain, la construction de ce monocoque qui prendra la forme du sistership du futur bateau de Boris Herrmann, sur des plans signés du cabinet VPLP Design, afin d’être au départ du Vendée Globe 2024. Pour cela, il lui faut trouver des partenaires qui financeront ce beau projet.

 

Premiers tests concluants sur le carbone déclassé
Le dernier Vendée Globe a livré de nombreux enseignements aux différents acteurs du monde de la course au large. De cette première expérience, Armel Tripon est revenu avec l’envie d’y retourner à bord d’un bateau performant mais de manière plus responsable. Ces réflexions et cette volonté d’alléger son impact environnemental l’ont alors amené à se tourner vers le Technocentre AIRBUS de Nantes, plateforme technologique destinée à accompagner des initiatives innovantes sur des mises en œuvre de matériaux composites à hautes performances. De leurs échanges est né le projet d’un IMOCA plus vertueux, construit à partir de fibres de carbone déclassées, dont la date d’utilisation est dépassée pour l’aéronautique, mais pas pour l’architecture navale. A ce réemploi de carbone, viendra s’ajouter l’usinage de pièces à partir de titane collecté notamment dans les hôpitaux, via les soignants de l’association « Les P’tits Doudous ».
Depuis l’annonce de ce projet innovant, les premières étapes ont été franchies. « Nous avons lancé une première série de tests en éprouvettes,explique Armel Tripon.  Ils nous confirment que nous pouvons bien cuire la fibre de carbone à 135° comme le stipule la jauge IMOCA, quand l’aéronautique pousse la cuisson à 185°. Aujourd’hui, nous savons donc que nous pouvons garder intègres les propriétés de la matière qui va nous permettre de construire un bateau performant et fiable, tout en respectant les règles de la Classe au sein de laquelle nous courrons. 80% du carbone utilisé pour la construction sera du carbone re-use ».

Un plan VPLP pour une construction lancée en juin 2022
Cette étape de tests validée, le navigateur et son équipe espèrent lancer la construction de ce bateau à compter de juin prochain.  « Ce bateau sera un plan VPLP, sistership du bateau de Boris Herrmann, dévoile Armel. Il tient compte des enseignements du dernier Vendée Globe et notamment du choix de carène que j’avais fait pour mon bateau à l’époque. Je n’ai pas apporté de modification particulière au dessin validé par l’équipe de Boris ; les choix opérés me convenaient parfaitement. L’objectif est de lancer la construction en juin 2022 pour une mise à l’eau au printemps 2023 ». En faisant le choix de partir sur un dessin déjà existant, Armel Tripon a donc poussé plus loin cette démarche visant à limiter son impact, tant on sait que la fabrication d’un moule à « usage unique » engage nécessairement une production de déchets supplémentaires. Une façon d’aborder les choses dans laquelle se retrouve parfaitement Vincent Lauriot-Prévost, du cabinet VPLP Design, architecte du bateau : « Notre idée était de proposer un bateau polyvalent, qui accepte des conditions de navigation un peu compliquées, voire dégradées, un peu comme un 4X4 finalement. Cela va jouer sur les foils et sur la carène qui aura une forme en adéquation avec cette philosophie. Armel avait initié cette réflexion pour son dernier bateau. Sa manière d’aborder la construction va dans le sens de notre démarche. Le fait de ré-utiliser un moule existant permet d’envisager une construction plus éco-responsable. Nous trouvons particulièrement intéressant le fait de pouvoir bénéficier d’un matériau très performant et haut de gamme comme ce carbone déclassé, en l’intégrant dans une démarche plus vertueuse, mais sans concession à la performance ! ».

 

Les P’tits Doudous ouvrent la voie à d’autres partenaires
Si les aspects techniques du projet affichent des voyants au vert, il reste encore à le financer, à raison d’un budget de 2 millions d’euros par an entre 2022 et 2024. En la matière, la dynamique engagée lors de la dernière édition de la Transat Jacques Vabre autour des « P’tits Doudous » est la meilleure des locomotives. Rappelons que, pour la première fois, l’association dont Armel Tripon est le parrain et qui accompagne les enfants opérés, s’affichait en format XXL sur l’Ocean Fifty du marin, et ce grâce au soutien de partenaires qui lui avaient laissé le nom de course. Ce format de soutien, éligible au mécénat et permettant aux entreprises de communiquer autrement et aux soignants de valoriser leurs actions, va se poursuivre sur la prochaine Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Dans la continuité, l’IMOCA portera lui aussi les couleurs d’une association qui a d’ores et déjà lancé la collecte de titane dans les hôpitaux pour qu’il soit fondu et transformé en pièces pour le bateau. Une mobilisation qui ne cesse de grandir comme l’explique Nolwenn Febvre, Présidente et Fondatrice de l’association « Les P’tits Doudous » : « Nous ressentons d’ores et déjà un engagement fort pour ce projet de la part des soignants partout en France. L’engouement au sein du réseau est tel, qu’il est fort probable que le premier ticket à 100 000 euros soit celui des 108 associations. Par ailleurs, la collecte du titane qui permettra d’usiner les pièces est en place depuis plusieurs semaines dans les différents hôpitaux et chez nos partenaires. Les P’tits Doudous ouvrent la voie à d’autres partenaires pour s’inscrire dans la dynamique née sur la Transat Jacques Vabre ».

 

Communiquer autrement, s’engager pour les soignants et les enfants opérés, autour d’un projet d’IMOCA responsable… L’essentiel est dans ce projet porté par le navigateur Armel Tripon. Avis aux amateurs ! https://www.armeltripon.com/vendeeglobe2024/

Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie, vient d’arriver à Fort de France (Martinique) ce mardi 23 novembre. Armel Tripon et Benoît Marie ont franchi la ligne d’arrivée à 20 heures 28 minutes 22 secondes (heure de Paris). Ils prennent finalement la cinquième place de la Transat Jacques Vabre dans leur catégorie, après 16 jours 7 heures 1 minute en mer à la moyenne de 17,35 nœuds pour 6782,44 milles réellement parcourus sur l’eau. Les P’tits Doudous est aussi le sixième bateau à arriver en Martinique. Pas mal sur une flotte de 79 concurrents au départ !

 

C’est une belle aventure et quelque part une victoire aussi pour Armel Tripon et Benoît Marie : ils ont réussi à traverser l’Atlantique en étant compétitifs. La chose était loin d’être gagnée d’avance alors que leur bateau avait démâté l’été dernier. Une avarie majeure qui avait contraint les deux skippers nantais à réussir une véritable course contre la montre technique pour être au départ du Havre le 7 novembre. C’est du passé ! Aujourd’hui en Martinique, l’heure est à la joie d’arriver après une traversée de l’Atlantique réussie.

 

« Traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin »

Seize jours de mer et d’aventures plus tard, de grandes glissades rapides, de quelques avaries et de toutes les météos atypiques possibles, il y avait à la fois de l’émotion et du soulagement pour Armel et Benoît qui auront bien mérité quelques jours de repos en Martinique. Car comme répète souvent Armel Tripon « traverser l’Atlantique à la voile n’est jamais anodin ». Parce que cela engendre toujours de multiples péripéties impossibles à relater aux terriens dans leur intégralité. Des péripéties et moments de vie en mer faits de stratégie, de vitesse, de tactique et de technique mais aussi de sensations, de vie à bord, parfois aussi de simple contemplation de la mer, en communion avec la nature.

Armel Tripon et Benoît Marie se sont parfaitement entendus en mer, dans une ambiance excellente, toujours portés par l’adrénaline de la compétition, souvent avec humour comme ils le signalaient dans leurs carnets de bord. Armel et Benoît se souviendront longtemps du soutien reçu de toutes parts et des multiples décisions à prendre sur cette Transat Jacques Vabre. Par exemple et entre autres dès « la pire dorsale de ma vie » (dixit Armel) quand le vent était totalement absent du golfe de Gascogne en début de course et qu’il a fallu batailler pour trouver enfin du vent et revenir.

 

Souvent proches du podium provisoire

Au long de la course, les skippers des P’tits Doudous auront été très souvent proches du podium provisoire – sauf dans l’archipel des Canaries où le futur vainqueur Primonial s’échappait… à bord du bateau avec lequel Armel Tripon a gagné la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018, pour l’anecdote.

Les skippers des P’tits Doudous n’ont finalement pas réussi à remporter leur dernier duel avec Solidaires en Peloton à l’approche de la Martinique. Cela s’est joué à rien, mais peu importe après tout : quatrième ou cinquième ne change pas grand-chose à l’histoire. On l’a dit, réussir à traverser l’Atlantique en mode compétition est déjà une belle victoire. Qui plus est pour une bonne cause et avec le soutien de nombreux partenaires que les deux hommes ont tenu à remercier. En cerise sur le gâteau, le coup de projecteur médiatique sur la classe des Ocean Fifty (trois d’entre eux Primonial Koesio et Leyton ont été les premiers arrivés en Martinique devant l’Ultim Edmond de Rothschild) n’est pas pour déplaire aux deux skippers des P’tits Doudous. « Le bateau est fabuleux » nous a souvent répété Benoît pendant la course. C’est confirmé.

 

Ils ont dit :

Armel Tripon : « Ce match-racing sur la fin c’était vraiment sympa, ça a mis un peu de piment sur l’arrivée. C’est toujours bien d’avoir un bateau à côté de soi pour aller plus vite. C’était assez intense, très intense même. Elle était bien fatigante cette fin de course.

On a quand même eu deux Pot au Noir pour le même prix ! La double peine. Mais on a montré que les bateaux de notre classe l’avaient traversé de manière assez extraordinaire. On allait vite tout le temps, mais ce sont quand même des zones un peu piégeuses.

Il y a eu plein de super moments, de glisse, de bagarre. On a bien fonctionné, c’était cool.  

Il y a eu quelques passages clés dont la dorsale dans le golfe de Gascogne, le Pot au Noir où on s’est fait un peu lâcher par Leyton. Mais on n’avait quand même pas beaucoup de milles dans les pattes. On était encore en train de tâtonner sur pas mal de choses et dans les phases de transition ça fait des petites différences qui font que les autres peuvent nous distancer.

La perte de l’aérien a été une vraie galère. Barrer, même régler le bateau sans avoir aucune info avec un vent très changeant n’était pas inintéressant mais ça nous a mis quand même une petite difficulté supplémentaire et de la fatigue.

On a été au contact avec des bateaux tout le temps, avec Leyton notamment. Puis on a fini avec Solidaire en Peloton, on discutait avec eux à la VHF. Ils nous ont bien collés et à la fin, ils nous ont bien dépassés. On était un peu vexé, il faut le dire (rires) ! »

 

Benoît Marie : « De cette course, je retiens l’équateur… mon premier, c’était quelque chose.

On n’a pas eu trop de problèmes, on n’a rien caché. Il y a eu un passage à niveau au niveau du Four et ceux qui avaient quelques mètres d’avance sur nous sont partis avec le courant. C’est un premier obstacle qu’on a payé toute la course. Après, il y a eu trois autres passages sans vent qui nous ont coûtés un peu cher.

Il faut quand même rappeler qu’un mois avant le départ, on n’avait pas de mât et pas de sponsor. Être là, c’est quand même une sacrée victoire.

Sans l’aérien, la nuit, on était un peu en aveugle. On ne savait pas quelle voile mettre parce qu’on ne voyait pas la mer, on ne savait ce qu’il y avait comme vent.

Ce matin, ce n’était pas l’ambiance à bord, mais ça fait partie du jeu et on est bien revenu sur eux. Mais on n’aime pas perdre (rires) !

On est très exposé sur ce bateau. On est sous l’eau en permanence. Les conditions de la transat étaient quand même idylliques. Mais on était à quatre pattes tout le temps, comme un chien dans la niche ! Il n’y a pas un endroit dans le bateau où tu es bien, assis, debout ou allongé ».

Les P’tits Doudous, le trimaran Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie, a passé la barre symbolique des 500 derniers milles à parcourir. Après une deuxième traversée pénible du Pot au Noir et quelques pépins techniques, Armel Tripon et Benoît Marie se battent pour la 4e place. C’est quasiment leur dernière journée en mer : ils espèrent arriver mardi soir ou mercredi matin à Fort de France. Et, comme toujours avec eux, le moral est bon…

 

Joint en mer ce lundi midi 22 novembre, Armel Tripon raconte : « On retrouve enfin un peu de vent ! Hier et la nuit dernière ont été faiblards. Il a fallu s’extraire du Pot au Noir, on a réussi mais on navigue encore à vitesse un peu réduite, entre 8 et 12 nœuds. Mais je sens que le vent revient et va se renforcer progressivement. On est à moins de 500 milles de l’arrivée à Fort de France, ça commence à sentir bon l’arrivée, c’est cool, mais il faut se battre ! »

 

Seizième jour de mer

En entamant le seizième jour de mer depuis le départ du Havre le 7 novembre dernier, les deux marins des P’tits Doudous ont toujours le moral au beau fixe.

Benoit confiait aujourd’hui : « Ce matin c’est le lever de soleil sous les nuages qui fut absolument fantastique, Thibaud, Fred et leur trimaran bleu 3 milles à notre vent. Toute la journée d’hier nous l’avons passé concentré sur la marche du bateau pour essayer de leur prendre quelques mètres. Le vent mollissant par devant on a réussi à conserver notre faible avance… Et enfin le vent est un peu revenu par devant et pour le dîner on nous a servi quelques noeuds de plus comme prévu. Le pot au Noir version Ouest aura été une bande de vent calme, un grand lac plat plein de petits poissons volants en bancs, sur une eau prenant parfois des reflets teintés de verts quand on traverse les méandres de courants de l’Amazone. Une eau de forêt qui se mixe à la mer, c’est étonnant , on dirait presque qu’il y a quelques petites algues dedans ! »

Et à Armel de compléter : « Le bateau est fabuleux, même s’il n’est pas assez protégé : il n’y a que dans le petit temps qu’on peut se mettre debout, sinon on prend des lances à incendie en plein visage et les organismes sont forcément un peu marqués après plus de deux semaines en mer ».

Forcément, « on a hâte d’arriver » à bord des P’tits Doudous, mais ne pas croire pour autant que le moral est en berne, au contraire. Car lutter avec Solidaires en Peloton est une motivation supplémentaire pour Armel et Benoît. « Oui, clairement c’est bien d’avoir un bateau proche comme ça. C’est la régate des bateaux qui portent les couleurs associatives, c’est marrant et motivant » assure Armel Tripon. « Ceci dit, ils ne nous lâchent pas, toujours collés à nos baskets ces deux-là (Thibaut Vauchel Camus et Frédéric Duthil) mais c’est pour ça qu’on fait ce sport, pour la bagarre à haut niveau. C’est bien plus intéressant que si nous étions seuls dans notre coin.»

 

Petits soucis techniques, beaucoup de temps à barrer

Des petits pépins techniques n’avantagent pas vraiment Les P’tits Doudous, mais peu importe, le sprint final est engagé et tout ce qui compte est maintenant d’arriver en Martinique d’ici quelques heures, une grosse journée. « Nous n’avons plus d’anémomètre depuis quatre ou cinq jours » explique Armel, « et la télécommande du pilote automatique ne fonctionne plus. C’est un peu handicapant parce que nous devons naviguer à l’ancienne, en mode compas et en devant faire des aller-retours dans le cockpit en enjambant les bouts pour commander le pilote depuis la tablette du bateau ».

Résultat : Armel et Benoît passent beaucoup de temps à la barre du trimaran. « Le plus dur, c’est la nuit : on doit éclairer les voiles avec un projecteur pour tenter de suivre les oscillations du vent. Cela fonctionne, mais c’est exigeant et ce n’est pas idéal, évidemment ». « L’ambiance de la nuit c’est tout droit mais un œil rivé sur les voiles qu’on ajuste en permanence pour essayer de grappiller quelques dixièmes de noeuds de vitesse, confirme Benoît. Un bout de réglage sur chacun des 5 winchs du bord, la commande pilote et la carto sur l’écran de l’ordi et on ajuste à chaque souffle ! ».

Ces petits tracas inhérents à la course au large seront vite oubliés mardi soir ou mercredi matin, quand il s’agira de fêter cette traversée de l’Atlantique réussie, a priori à la 4e ou 5e place suivant le déroulé de la course dans les dernières heures.

 

C’est top pour la classe des Ocean Fifty

« Ce qui est top je trouve, c’est de voir que notre classe des Ocean Fifty est devant sur cette Transat Jacques Vabre » note Armel. « D’ailleurs, nous voulons déjà féliciter les trois bateaux devant nous et en particulier Sébastien Rogues et Matthieu Souben qui ont très bien navigué depuis les Canaries. Bravo à eux ! Même si nous avons eu un parcours plus court que celui des Ultim, c’est chouette que ce soit notre catégorie de bateaux qui arrive la première à Fort de France. Seb et Matthieu ont fait une course très belle, ils ont été impressionnants de vitesse. Ils ont su bien exploiter un petit passage météo aux Canaries et après ils ont été très bons. »

Côté vie à bord, « nous avions prévu pour 17 jours de vivres, donc ça va mais ce n’est plus que du lyophilisé depuis quelques jours et il n’y a plus de petits plaisirs côté cuisine. On ne va pas mourir de faim et on a de l’eau » raconte encore Armel Tripon. Il poursuit : « Je me souviens avoir déjà bouclé une Transat Jacques Vabre en seulement 11 jours de mer ! Mais là le parcours est plus ambitieux (rires) »

Impossible aussi de savoir si ce sera une arrivée de jour ou de nuit en Martinique pour Les P’tits Doudous. « C’est encore difficile à dire à 500 milles de la ligne. C’est certain qu’on préfèrerait arriver de jour. On va tout faire pour ça, mais on ne peut rien promettre ! Normalement le vent devrait tenir et nous permettre de progresser correctement, mais on se méfie aussi des derniers milles qui peuvent être piégeux. Car le parcours nous impose d’aller chercher le rocher du Diamant qui est proche de la côte, donc potentiellement dans des zones où le vent peut être faible. »

Benoit complétait, « En attendant on a les yeux rivés sur notre gennacker et le speedo du bateau pour affiner le réglage qui nous permettra de garder cette 4e place jusqu’au bout ! Le match avec le trimaran bleu est intense…»

Bref, l’histoire n’est pas encore terminée ! Mais elle est déjà très belle pour le duo de skippers nantais qui se retrouvent exactement au milieu de la flotte des Ocean Fifty, au pied du podium provisoire. Il faut se souvenir qu’il y a quelques semaines encore le simple fait de participer à la course était loin d’être gagné, après le démâtage du bateau cet été. Ils mènent bien leur affaire, Armel et Benoît. Si vous êtes en Martinique, n’hésitez pas à passer les féliciter pour cette transat réussie.

 

En bref. Au pointage de 17h ce lundi 22 novembre, Les P’tits Doudous est à 431 milles de l’arrivée, avec 9 milles d’avance sur le 5e, Solidaires en Peloton. La bagarre continue !

La vacation matinale avec l’organisation de la Transat Jacques Vabre ne laisse aucune place au doute : la vie est belle à bord des P’tits Doudous qui sont dans l’hémisphère sud depuis la nuit dernière! Dans la voix d’Armel Tripon se dégage le bonheur indiscutable d’être en mer, sur un des bateaux les plus rapides de la course. A quelques heures de passer la marque obligatoire de Fernando di Noronha, Armel et Benoît ont laissé derrière eux un Pot au Noir relativement clément et affichent des pointes de vitesse assez folles… 27.80 nœuds immortalités par une photo. Entre les deux hommes qui disputent leur première course transatlantique ensemble, l’entente est excellente et l’humeur au beau fixe. Alors certes, à terre… et en mer aussi naturellement, on aimerait ne pas voir ces quelques 60 milles concédés suite à une petite erreur de positionnement. Mais n’oublions pas que la route est encore longue d’ici à Fort-de-France et surtout, que nos P’tits Doudous ont de la ressource. Les conditions de navigation des prochains jours, sur la route vers la Martinique, pourraient fort bien donner à notre duo la possibilité de recoller au groupe de tête et venir jouer les chiens dans un jeu de quilles… Autant dire que le suspense reste entier !

 

Armel Tripon livrait ses impressions lors de la vacation ce matin :

« Ca va plutôt pas mal, on avance assez vite vers l’île de Fernando di Noronha. On n’était plus habitué à reprendre de la vitesse… On a eu deux jours assez mous et là c’est reparti plein gadin avec des angles un peu plus serrés, donc c’est même un peu chaud. Il fallait être un peu sur les écoutes toute la journée et le début de nuit. Les angles se sont un peu ouverts. Ca cavale bien, on a de belles conditions. C’est complètement dingue, on avale les milles à toute vitesse.

La négociation du Pot au Noir s’est assez bien passée, on n’a jamais vraiment été arrêté en fait. On a eu quelques nuages compliqués mal négociés, mais sinon c’était plutôt pas mal. On a perdu le fil avec Leyton, ce qui est un peu frustrant. C’est lié à un problème de placement et de choix de voile qui nous ont pénalisés. Nous n’avons pas de Code Zéro mais seulement un petit gennacker qui ne remplit pas les mêmes fonctions. Nous avons donc eu un trou à certaines allures. Après ça, plus tu étais sud et plus tu avais du vent et les écarts se sont créés assez facilement. Ça nous a un peu coûté mais rien de dramatique ! La route est encore longue et on sait qu’on a un bateau qui a du potentiel au portant. C’est un retard acceptable avec une météo qui va faire ralentir les premiers, donc on aura sans doute l’opportunité de recoller et l’enjeu c’est de revenir sur le paquet.

On s’entend bien, on est assez complémentaires. On est sur la même longueur d’ondes sur la manière de naviguer et de prendre les décisions, de mener le bateau. Ça se passe très bien à bord des P’tits Doudous. C’est un chouette bateau qu’on découvre aussi. On avait navigué mais pas tant que ça… »

 

Autre fait notable de ces derniers jours, Les P’tits Doudous ont maintenant la tête en bas après avoir passé l’équateur dans la nuit. Pour l’occasion, une petite fiole de rhum glissée à bord par le photographe du team, Pierre Bouras, a permis de sacrifier à la tradition maritime. Un moment toujours important… avant de reprendre la course.

Après trois jours de navigation à grande vitesse, le vent et la mer se sont calmés pour Les P’tits Doudous, l’Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie. Et pour cause : le trimaran entre dans le célèbre Pot au Noir. Au plaisir d’une navigation enfin agréable s’ajoutent à la fois un paysage somptueux et la satisfaction de tenir tête à Leyton, qui était le favori de cette Transat Jacques Vabre au départ du Havre. Nous avons pu joindre Armel et Benoît en mer. Moral au top.

Ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous sont loin de toute terre habitée. Armel Tripon et Benoît Marie naviguent par 7°59 nord et 26°47 ouest, c’est-à-dire au beau milieu de l’océan Atlantique. Ils évoluent environ 500 milles dans le sud de l’archipel du Cap Vert et à 800 milles de l’île Fernando de Noronha, au large du Brésil, que les Ocean Fifty doivent aller virer avant de remonter vers les Antilles.

 

« On a un camarade de jeux »

En 5e position, ils sont à la lutte pour conquérir la 4e place toute proche, bord à bord avec Leyton, le multicoque de Sam Goodchild et Aymeric Chappellier qui était le grand favori au départ du Havre.

« On a un camarade de jeux » plaisante Armel Tripon, « on les a vu apparaitre à l’AIS sur notre écran hier soir et maintenant ils sont tout près, on les voit sous notre vent. Ils ne voulaient pas traverser le Pot au Noir tout seuls ! » Franche rigolade à bord des P’tits Doudous. Qui exprime aussi la satisfaction de tenir tête au bateau le plus en vue cette saison chez les Ocean Fifty.

Pour Benoît Marie qui ne cesse de dire son plaisir d’être là c’est un signe positif : « Ils ont pu s’entraîner beaucoup plus que nous et là c’est à toi, à moi : un coup on va plus vite qu’eux, un coup c’est l’inverse. Cela veut dire qu’on rivalise en vitesse et ça c’est très satisfaisant ».

 

« Le bateau est fabuleux, c’est une machine à fabriquer du vent »

Avec les prémices des calmes du Pot au Noir, la vitesse a chuté (c’est le cas pour toute la flotte). Armel Tripon explique : « ça fait un peu bizarre après trois jours à foncer entre 20 et 25 nœuds. Mais il faut se rendre compte aussi à quel point Les P’tits Doudous sont fabuleux. En ce moment on a entre 9 et 11 nœuds de vent et on arrive à avancer entre 15 et 18 nœuds. Ce bateau est incroyable, c’est une vraie machine à fabriquer du vent ! »

Ce n’est « que du bonheur » répètent Armel et Benoît, de très bonne humeur. « On a un gros moral oui, comment pourrait-on ne pas l’avoir ? La navigation est très agréable, on ne se fait plus rincer par les embruns sur le pont, et le paysage est splendide ». Armel Tripon décrit : « La carte postale est magnifique. Il y a des énormes cumulus devant nous. Le brassage thermique est incroyable à cet endroit de la planète. Des énormes cathédrales de nuages montent au ciel et apparaissent puis disparaissent comme par enchantement. La mer est plate, on essaye de se faufiler à travers ces gros nuages pour aller le plus vite possible. Ce sont des belles conditions de navigation ».

Et puis il y a ce concurrent tout proche, à vue au milieu de l’Atlantique, qu’il ne faut pas laisser s’échapper. « On est contents » confirme Benoît Marie « On avait 35 milles de retard sur Leyton aux Canaries, on a réussi à revenir à leur niveau et depuis le dernier empannage on est à la même vitesse qu’eux. Pour nous, c’est déjà une petite victoire de les tenir à la régulière, sachant que Leyton était le bateau le plus performant de la saison. »

 

 

Début du 10e jour de course

Au moment d’attaquer le début du dixième jour de course, les deux marins font le point sur la suite des événements. « C’est encore trop tôt pour savoir si on va être beaucoup freinés par le Pot au Noir, car il y a un petit phénomène météo, une onde d’est, qui pourrait changer la donne » explique Armel Tripon. Benoît Marie, lui, évoque les routages qui les feraient doubler avant vendredi l’archipel Fernando de Noronha, au large de Natal, au Brésil.  « Ensuite il restera 2000 milles (soit environ 3700 km) jusqu’à l’arrivée. On peut espérer couvrir 500 milles chaque jour, en tous cas on y croit, ce qui ferait qu’une fois à Fernando de Noronha il nous resterait quatre jours de navigation, ce qui nous donnerait une arrivée vers le 22 ou 23 novembre ». Une estimation à prendre avec grande précaution, comme toujours, car au final c’est bien la météo qui décidera.

Les P’tits Doudous sont en état impeccable pour boucler cette deuxième moitié de course : « on n’a rien cassé à bord, rien du tout, le bateau est à 100% de son potentiel… nous aussi ! »

Il y a des rires à bord. C’est bon signe.

 

En bref. Au pointage de 13h ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous est à 2800 milles de l’arrivée, au milieu de l’Atlantique. En cinquième position à 211 milles du leader Primonial et à quasi-égalité avec le 4e Leyton.

C’est une carte postale quasi paradisiaque que nous dresse Armel Tripon en ce dimanche de novembre. Du soleil, de la chaleur, de la vitesse… la vie à bord des P’tits Doudous a tout pour donner le sourire à ses skippers. Ajoutons à cela une stratégie qui leur a permis de se recaler dans le match au passage des Canaries et de pointer désormais à la quatrième position… et le tableau est complet, heureux et enthousiasmant. Certes, pour arriver à cela, les marins doivent s’imposer un rythme intense et accepter de voir leurs plages de repos respectives entrecoupées pour enchaîner les manœuvres. Mais le jeu en vaut la chandelle et c’est bien là tout l’intérêt du double. Le prochain point de passage délicat s’annonce d’ores et déjà sur la route d’Armel et Benoît Marie avec la négociation du Pot au Noir, un passage obligé qui va inévitablement venir pimenter cette Transat Jacques Vabre. Vivement la suite !

 

Armel Tripon évoquait les conditions de navigation ce matin lors d’un message envoyé à l’équipe à terre : « Dimanche en direction des îles du Cap Vert et du Pot au Noir. On a quitté les Canaries il y a à peine deux jours et là ça descend très très vite avec des bords assez hallucinants où le bateau est à 23/24 nœuds. La mer s’est vraiment aplatie donc c’est super agréable. On est sous le soleil, ça va vite, au chaud. Les voiles sont magnifiques et Les P’tits Doudous cavalent ! On reprend des milles sur nos concurrents. On essaie de jouer les bascules au mieux et de se positionner pour la suite. C’est vraiment sympa, en revanche, ça fait beaucoup de manœuvres et des petites nuits entrecoupées où à chaque fois notre quart dure une demi-heure au lieu de durer deux heures. Mais c’est le prix à payer et on est quand même bien content de faire avancer ce bateau le plus vite possible au bon endroit ».

Pas d’armistice sur l’Atlantique pour nos marins qui poursuivent leur descente vers le Sud et en apprécient les premiers signes palpables avec des températures qui montent progressivement et une vie à bord qui se fait tout de suite plus agréable. Armel Tripon et Benoît Marie ont salué les côtes lusitaniennes dans la nuit et croisent actuellement au large du Cap Saint-Vincent, pointe la plus occidentale de l’Europe. Prochain objectif pour Les P’tits Doudous, les Canaries et une négociation dont les contours ne sont pas encore clairs. A l’heure où les terriens vont profiter d’un jour férié, ce 11 novembre va plutôt être placé sous le signe d’une tempête sous deux crânes pour nos marins qui ne boudent pourtant pas le plaisir de se retrouver au cœur de cette véritable régate océanique qu’est la Transat Jacques Vabre.

 

Contacté par l’organisation lors d’une vacation ce matin, Benoît est revenu sur la vie à bord des P’tits Doudous : « Tout va bien, je prends mon quart et je viens de me faire un petit thé. On avance à 14 nœuds dans la bonne direction et on est enfin sec, ce qui est une bonne nouvelle ! On a passé la latitude de Lisbonne dans la nuit et là on s’approche de la latitude du Cap Saint-Vincent. On commence à rentrer dans le Sud ! J’ai enlevé mes bottes il y a deux heures et c’est super agréable de rentrer dans une phase moins hivernale.

On ne voit pas nos concurrents en visuel, on ne les a pas à l’AIS non plus. Le plus proche est à 17 milles donc ce n’est pas si proche que ça. Mais en revanche, il y a une super bagarre ! C’est top, on est dessus ! On compare nos performances toutes les heures, à chaque quart. C’est une régate ! Il y a du match, des options à prendre… C’est super intéressant, on est ravi d’être là !

On a à peu près 10 nœuds de vent, on avance à 14 nœuds. C’est très oscillant et instable en force et en direction. Il y a de beaux nuages, on ne voit pas la Lune. C’est nuit noire… Mais l’air est sec et c’est la première fois depuis le départ, parce que pendant les dorsales, il y avait de l’humidité en permanence et ce n’était pas très agréable.

On est à 571 milles de l’entrée dans les Canaries, donc d’ici deux jours on devrait y être. C’est top quand on commence à viser le way-point des Canaries et de Madère, ça veut dire qu’on commence à s’approcher de l’Afrique et de ses températures.

Pour l’instant ce n’est pas clair… est-ce que c’est un passage à l’Ouest ou dans les Canaries. C’est un peu tôt pour le dire. Il y a plusieurs options en fait. L’option Ouest, qui était envisagée hier, s’ouvre ou se ferme en fonction des modèles. A chaque fichier météo, on réactualise notre scénario mais dans tous les cas, il va y avoir un long tribord amures puis un empannage pour aller viser les Canaries ».