Toute la flotte du Vendée Globe est maintenant aux Sables d’Olonne où le village départ ouvre aujourd’hui samedi 17 octobre. C’est déjà une victoire et un grand moment pour le skipper nantais Armel Tripon. Il résume son émotion et explique son programme pour les trois semaines à venir avant le grand départ autour du monde, le 8 novembre prochain.

Tous les marins disent qu’être au départ du Vendée Globe est déjà une victoire en soi…
Parce que c’est vrai ! Etre ici aux Sables-d’Olonne, c’est l’aboutissement d’un projet de deux ans, c’est le fruit du travail de toute une équipe, c’est la concrétisation de tous les efforts produits pour en arriver là. Et au-delà, c’est un rêve vieux de 15 ans pour moi qui se réalise : être au départ du Vendée Globe, ce n’est pas rien !

On ressent une vraie émotion à arriver ici, dans le port du Vendée Globe, a fortiori quand on va participer pour la première fois à L’Everest des mers ?
C’est déjà un grand moment ! On a fait une partie du convoyage à côté de Charal et nous sommes entrés dans le chenal bord à bord avec Jérémie (Beyou)… Quand tu es marin, entrer ici avec un 60 pieds pour prendre le départ du Vendée Globe, c’est un moment très symbolique, très fort. On va partir faire le tour du monde… On est là, il fait beau, L’Occitane en Provence est super bien placé en début de ponton, tout va bien !

Quel est ton programme pour les trois semaines d’ici le départ ?
Sur le bateau, toute l’équipe est là pour régler les derniers détails. Tous les gros dossiers sont évidemment bouclés comme les pilotes, les voiles, l’énergie, l’informatique etc. On est prêts. Il reste juste des petites choses à peaufiner qui ont leur importance : par exemple finaliser l’avitaillement, qui est déjà fait à 80%, installer et régler les toiles de matossage, des choses comme ça. On a utilisé intelligemment notre temps depuis le dernier chantier en priorisant tout ce qui est très important et là on a parfaitement le temps de fignoler les détails.

Ok pour le bateau… et pour toi ?
Le public, le village, la presse, du sport, du repos, de l’analyse météo… je fais un peu de tout ça. Aujourd’hui, c’est l’ouverture du village. La semaine prochaine, j’ai des rendez-vous avec des journalistes tous les jours. Visiblement ça intéresse du monde le Vendée Globe ! En ces temps de crise sanitaire, je pense qu’on offre une fenêtre sur le large, un bol d’air, l’occasion de s’évader et de sortir d’un quotidien qui peut être un peu morose. La course apporte un peu d’iode, un parfum d’aventure. J’ai aussi des séances dédicaces sur le stand de mon partenaire L’Occitane en Provence. On va vivre ensemble notre premier Vendée Globe, c’est une belle aventure commune !

Et à part la presse, c’est sport et repos ?
Je fais du sport, du yoga, de la relaxation, je marche, je cours, je vais chez le kiné… et il ne faut pas que j’oublie de me détendre un peu aussi ! On a quand même eu un programme très chargé entre la remise à l’eau du bateau, la qualification, le Défi Azimut, etc. Or il faut aussi prendre le temps de recharger les batteries : bien manger, bien dormir… engranger du repos au maximum. Et travailler à la fois le corps et l’esprit pour se vider la tête, par exemple en faisant du sport. Je vais beaucoup courir, j’aime ça.

Il est évidemment beaucoup trop tôt pour regarder la météo ?
Oui et non. Oui parce que le départ est encore trop lointain pour la prévision. Mais non parce que je travaille tous les jours différents scenarios possibles en faisant tourner des routages sur l’ensemble du parcours. C’est aussi de la pratique pour rester en contact avec l’outil, parce que trois semaines c’est court et c’est long à la fois, il faut entretenir mes automatismes.

Le départ va arriver vite maintenant…
Oui ! Je suis impatient de vivre ça. Je suis un peu comme un lion en cage. Je suis en manque de course, j’ai envie de partir !

L’Occitane en Provence est présent pendant toute la durée du village sur un espace de 100 m2 (allée du Frère Maximin – sous la tyrolienne). Une séance de dédicaces sont prévues avec Armel Tripon dans cet espace :
– Samedi 24 octobre de 10H30 à 12h00

Pour le skipper Armel Tripon et l’architecte naval Samuel Manuard le Défi Azimut aura permis de valider que L’Occitane en Provence est conforme à son concept : avoir une hauteur de vol mesurée afin d’éviter les atterrissages brusques qui lui feraient perdre élan et vitesse. Le bateau construit par Black Pepper aura ainsi démontré au cours de ces derniers jours qu’il était capable de vitesses moyennes élevées ! ce constat est très encourageant et motivant à moins de deux mois du Vendée Globe…

Armel Tripon, skipper de L’Occitane en Provence : « Nous avons montré de très belles choses »
« Ce Défi Azimut a été positif. Ces quelques jours à se confronter aux autres nouveaux IMOCA sous différentes allures et forces de vent, sont une première et étaient nécessaires pour progresser . Ce choix volontaire de voler moins haut que les autres a démontré son efficacité : moins d’écart entre nos vitesses basses et nos vitesses hautes et un bateau assez facile à mener. Cette course permet de se mettre dans une bonne dynamique avant le Vendée Globe ne serait-ce que pour reprendre des réflexes de placement, de trajectoires. C’était un rendez-vous à ne pas rater! Dès demain, retour aux entraînements pour fiabiliser, naviguer dans la brise et éprouver le matériel ».

Samuel Manuard, architecte de L’Occitane en Provence : « Nous sommes dans le match, c’est une vraie satisfaction »
« Ce que j’ai vu des comportements de notre bateau au cours de ce Défi Azimut m’a beaucoup plus ! Jusqu’ici nous avions travaillé à partir de nos sensations sur le comportement du bateau, ainsi que de l’analyse numérique des performances, mais ‘’ c’est super important de se confronter aux autres en vrai, sur l’eau’’. En vitesse pure, nous savons maintenant que nous sommes vraiment dans le match et nous l’avons été à chaque exercice du Défi Azimut. Il faut évidemment relativiser tout cela, car ce n’étaient pas les conditions du Vendée Globe ; cependant et par comparaison avec la concurrence c’est vraiment très encourageant ! L’idée de L’Occitane en Provence, c’est d’être efficace ; c’est d’avoir des vitesses basses toujours élevées et de retomber de nos foils le moins souvent possible. C’est le même principe que sur l’autoroute en voiture : si tu t’arrêtes pour acheter des sandwiches, ça tue la moyenne (rires) ! Et il ne faut pas oublier que les grosses variations de vitesse c’est du stress mécanique, mais c’est aussi du stress mental pour le skipper. L’idée était de lisser la vitesse, je pense que c’est réussi et cela nous conforte dans nos choix. Le Vendée Globe ne se jouera pas sur les petits coups de mistoufle qu’il y a eu sur ce Défi Azimut. Ce que je retiens c’est que nous sommes bien dans le match par rapport aux autres bateaux neufs, et ça c’est une vraie satisfaction ! »

Une semaine après sa qualification pour le Vendée Globe, le skipper de L’Occitane en Provence enchaîne avec le Défi Azimut, dernière compétition avant l’Everest des mers. Alternance de runs de vitesse en équipage et d’une course de 48 heures en solo, ce Défi Azimut est aussi l’occasion de soutenir le projet environnemental Plastic Odyssey. Trois questions à Armel Tripon…

Le lendemain de ta qualification tu étais reparti en mer et à peine revenu de cet énième entraînement te voilà en lice au Défi Azimut à Lorient ! C’est motivant ce retour à la compétition ?

Ah oui, on enchaîne ! C’est parti pour une semaine de confrontations assez variées. Il y a dix-neuf bateaux du Vendée Globe au départ de ce Défi Azimut et le format de l’épreuve est vraiment sympa avec à la fois des runs de vitesse mercredi en équipage, puis une course en solitaire de 48 heures dont on n’a pas encore le parcours définitif mais qui sera l’occasion de s’entraîner encore… et pour finir dimanche retour à l’équipage avec le traditionnel Tour de Groix. C’est intense et sympa !

« Ne pas se tromper d’objectif. L’objectif c’est le Vendée Globe »

Quels sont tes objectifs au Défi Azimut ?

Aucune pression de résultat ! Il ne faut pas se tromper d’objectif et l’objectif c’est évidemment le Vendée Globe. Donc clairement on n’y va pas pour gagner ce Défi Azimut, mais pour continuer à bien s’entraîner, en conditions de course. Continuer à progresser et observer aussi les autres concurrents. Sur les runs de vitesse en équipage mercredi, le vent sera faible, on ne devrait pas battre des records. La course en solo de 48 heures est forcément un plus dans mon programme d’entraînement. Et puis ce Défi Azimut est aussi l’occasion de montrer L’Occitane en Provence, de faire naviguer des gens à bord, des partenaires, des journalistes, de faire des relations publiques et des relations presse. On n’a pas eu beaucoup l’occasion de montrer notre joli bateau pour le moment, ce Défi en est une ! Vu les conditions anticycloniques et donc de vents faibles annoncés – l’été se prolonge cette semaine – on va pouvoir tirer sur le bateau, évidemment sans prendre de risques inconsidérés. Mais si on doit casser des petites choses, mieux vaut que ce soit maintenant plutôt qu’au départ du Vendée Globe. Ce genre de course sert aussi à cela, à valider des détails, à vérifier que tout fonctionne bien à bord.

Et tu vas embarquer à bord de L’Occitane en Provence les fondateurs de Plastic Odyssey, un projet environnemental qui te tient à cœur…

Oui ! Et j’en suis très heureux. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur ce projet mais pour résumer, le bateau de Plastic Odyssey va partir trois ans autour du monde en transformant en matière ou en carburant les déchets plastiques trouvés à terre pour éviter qu’ils ne souillent les mers et océans. C’est un projet également soutenu par L’Occitane en Provence qui en est le partenaire principal et je trouve ça génial : Plastic Odyssey ira à partir de 2021 vers les endroits du monde les plus défavorisés pour montrer qu’il y a une alternative, prouver qu’on peut récolter et recycler ces déchets de plastique, les transformer en objets utiles pour le quotidien, ou même en gasoil ou en essence, le plastique est finalement une ressource à ne surtout pas jeter. Je suis fier d’avoir les fondateurs de ce super projet environnemental à bord de L’Occitane en Provence et d’avoir un partenaire engagé à ce point dans la transition écologique. J’espère d’ailleurs que Plastic Odyssey sera également au départ du Vendée Globe le 8 novembre prochain aux Sables d’Olonne, ce serait super.

L’OCCITANE est le partenaire principal de l’expédition Plastic Odyssey. Dès 2020, le Plastic Odyssey, navire ambassadeur de solutions capable de transformer le plastique en carburant naviguera le long des côtes les plus touchées par la pollution plastique de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie. L’objectif de cette expédition de 3 ans et de plus de 30 escales est de rencontrer, documenter et soutenir les porteurs de solutions de réduction et de recyclage des déchets plastiques.

Le navire Plastic Odyssey est une véritable plateforme de recherche itinérante pour rassembler, développer et diffuser les solutions face à la pollution plastique. Le but ultime ? Valoriser et transformer les déchets plastiques en une nouvelle ressource et favoriser ainsi la création de micro-entreprises de recyclage. Une façon de lutter à la fois contre la pollution et la pauvreté.

Après son abandon sur la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, Armel et toute l’équipe, ont rapidement sorti le bateau de l’eau pour commencer au plus vite, ce chantier d’été. Au programme: fiabilisation et optimisation du bateau en vue de la qualification qu’il aura a effectuer fin août.

Bel été à tous !

Victime d’une avarie ce lundi à 13h15 (Heure Française), Armel Tripon (L’Occitane en Provence) a contacté la direction de course de la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne. Le skipper nantais avançait vers l’ouest, à une vitesse de 12 nœuds dans un vent de nord-ouest.

A 14 heures, Armel Tripon prenait contact avec son team pour déclarer un problème ; deux lisses longitudinales situées à tribord en arrière de la zone réparée suite à la collision avec un OFNI le weekend du 21 juin se sont fissurées.

“Nous sommes dans l’impossibilité à ce stade d’évaluer plus précisément la cause de ce nouvel incident même si nous pensons sérieusement qu’il s’agisse de dégâts collatéraux liés à cette collision dans une zone que nous avions prévu de renforcer au retour de la course Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne,” déclare Michel de Franssu, Team Manager.

Puis le skipper de L’Occitane en Provence a pris contact avec la direction de course pour envisager les options.

Jacques Caraës, directeur de course, a invité le skipper à la prudence en lui préconisant de ne pas tenter de rallier le point COI-Unesco, la marque de parcours située dans le sud-ouest de l’Islande.

Le principe de précaution et la sécurité ont donc conduit Armel et son équipe à prendre la décision il y a quelques instants de rejoindre la Trinité-Sur-Mer le port d’attache du bateau. Jacques Caraës, Directeur de course de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne et du Vendée Globe : « Armel est forcément très attristé par la situation. Après les échanges sur l’avarie, qui semble conséquente, j’ai invité le skipper à la prudence. Puis j’ai tenu à le rassurer en détaillant les dispositifs qui permettent encore à L’Occitane en Provence d’ambitionner une qualification pour le Vendée Globe 2020. » Armel Tripon a été mis en relation avec Christian Dumard, le météorologue de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne afin d’établir la route la plus sûre pour rallier son port d’attache.

Armel Tripon a entamé la course avec, parmi ses ambitions, celle de conquérir sa qualification sportive pour le Vendée Globe. Le fait qu’il en ait pris le départ lui ouvre la possibilité de demander d’effectuer un parcours de substitution, ainsi que le dispose l’article 9.3 de l’Avenant 3 à l’Avis de course du Vendée Globe, daté du 2 juin 2020.

Plus d’informations à venir…

“Après une  exceptionnelle performance à terre dans les jours jours précédant le départ de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne qui aura permis grâce aux compétences et à l’énergie de tous que L’Occitane en Provence prenne le départ, Armel nous a fait la démonstration en prenant un départ tonitruant devant Les Sables d’Olonne, du formidable potentiel de vitesse de cet Imoca. Les spécialistes n’en douteront plus… Quelle satisfaction et quelle récompense devant tant de travail accompli.

Bien entendu, ce coup d’éclat avec le Soleil de L’Occitane en Provence illuminant le ciel maussade de la Vendée au moment du départ ne remet pas en cause la stratégie :ise en place par Armel avant le départ : il faut obtenir cette fameuse qualification pour le Vendée Globe et par conséquent avant tout préserver le bateau pour finir le parcours et rentrer à la maison sans coup dur…

Concrètement, nous nous sommes fixées des limites:

  • Prendre du temps dans les manoeuvres pour qu’Armel découvre son bateau.
  • Ne pas mener le bateau a plus de 70/80% de son potentiel notamment en limitant les charges.
  • Ne pas aller chercher le plus fort de la dépression dans le nord et ne pas hésiter à éviter le plus dur en partant dans l’ouest.
  • Exercer une vigilance particulière sur le bateau en s’astreignant à des routines de contrôles quotidiens.”

 

Michel de Franssu, Team Manager de L’Occitane en Provence

 

Vous les attendiez depuis longtemps ces premières images avec les deux foils… les voici enfin ! Soleil et 18-25 nœuds de vent : Armel s’est offert un joli combo ce week-end pour une des premières navigations depuis l’installation des deux foils. Sensations garanties !

Sam Manuard, l’architecte du bateau, nous raconte : “Après cette longue période de confinement, quel bonheur de retourner sur l’eau à bord de L’Occitane en Provence, une sacrée machine à sensations ! Cette navigation s’est révélée très enrichissante car on commence à corréler datas, sensations et observations extérieures. On cherche la stabilité en dynamique et de ce point de vue on est assez satisfait, une fois la bonne combinaison matossage/ballasts/réglages de voiles trouvée, le bateau est stable, bien au-dessus de l’eau mais pas trop non plus. C’est cet équilibre qu’on va chercher. On veut éviter les sauts de cabris et les variations de vitesses, dans le but d’avoir une vitesse moyenne la plus élevée. Tout cela sans dépasser les critères de charge maximale du gréement.

 

Premier Vol d'Armel Tripon sur L'Occitane en Provence

Premier Vol d'Armel Tripon sur L'Occitane en Provence

Avec une pointe à 35,5 noeuds !
“L’attente était énorme, l’excitation palpable à bord ! Nous allions tous voler pour la 1ère fois en Imoca. Le bateau a commencé à accélérer dès que j’ai tiré la barre. Il se soulève, l’étrave monte légèrement et c’est parti ! On se sent porter, léger, comme en apesanteur, avec des vitesses qui grimpent jusqu’à 35 noeuds ! Le vol est super stable, vraiment dingue pour une première. Vivement les prochains vols…”

Première navigation en Baie de Quiberon