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Leader sudiste, Armel Tripon est « super content d’être là ! »

Retardé dans la zone de vents faibles lundi matin, le skipper de RÉAUTÉ CHOCOLAT a réussi ensuite un coup superbe en traversant vite le golfe de Gascogne, avant de glisser le long du cap Finisterre juste avant l’arrivée de très grosses conditions. Il a pu être joint ce matin au téléphone et nous a expliqué sa joie d’être ainsi placé… tout en prévenant que l’après-midi allait être délicat une fois qu’il aura viré de bord vers l’Ouest, probablement un peu avant Lisbonne.

 

« Je vais très bien ! J’ai même réussi à dormir cette nuit et à faire quelques siestes hier. Je suis super content d’être là, dans le sud le long du Portugal, car franchement je ne me voyais pas aller sur l’option nord où je considère que la mer va être vraiment trop forte pour nos bateaux. » Armel Tripon est un marin heureux ce mardi, et sa voix est parfaitement calme et sereine. Avec sa cellule de routage, le choix de longer le dispositif de séparation du trafic du cap Finisterre a été payant : l’objectif était de faire le plus possible de gain vers le sud pour avoir à la fois moins de vent et moins de mer à négocier et c’est très exactement ce qu’il s’est passé, in extremis, à quelques heures près.

Armel Tripon raconte : « Je n’ai jamais eu plus de 33 nœuds de vent, là j’ai 25 à 28 nœuds et une mer pas trop formée, correcte, qui me permet d’aller encore vite. J’ai allumé pour revenir sur Lalou(Roucayrol) mais surtout pour gagner le plus de terrain possible vers le sud. Je vise un waypoint vers 40° (un peu au nord de Lisbonne) où je vais faire un virement de bord pour partir dans l’Ouest et aller affronter le front. » Ce virement devrait intervenir dans la journée.

Passage délicat ce mardi après-midi

Attention, « cela ne veut pas dire que ce sera facile. Rien n’est fait !», prévient le skipper de RÉAUTÉ CHOCOLAT, « mais si tout se déroule comme on l’imagine, moi je n’aurai cet après-midi que 35 à 40 nœuds de vent et 3 à 4 mètres de creux au moment de traverser le front. Ce qui reste encore maniable, alors que ce sera bien plus fort et bien plus violent pour ceux qui sont restés dans le nord où, encore une fois, moi je ne voulais pas aller. Voilà pourquoi je dis que je suis très heureux d’être ici, en forme, avec un bateau à 100% qui n’a subi aucune avarie. La journée va être dure, bien sûr, mais elle le sera bien moins que pour mes collègues du nord. Et si tout va bien, je peux espérer être passé derrière le front dès ce soir. »

Il faut donc croiser les doigts pour que RÉAUTÉ CHOCOLAT franchisse l’obstacle sans encombre dans les heures qui viennent. Et comme Lalou Roucayrol, l’autre « sudiste » des Multi50 a décidé de faire un arrêt à Porto, Armel Tripon se retrouve seul en tête sur la route sud.  Et il ne faut pas se focaliser sur les classements officiels pour le moment car ceux-ci, calculés sur la route directe, privilégient mathématiquement les nordistes. Mais le mieux placé des skippers en Multi50 – au moins pour préserver son bateau, mais pourquoi pas également pour un futur leadership dans les alizés – c’est bel et bien Armel Tripon.

Après son départ mémorable de Saint-Malo, le skipper de RÉAUTÉ CHOCOLAT enchaîne parfaitement et est en confiance. Pour lui ce midi, tous les voyants sont au vert… et la concentration maximale pour d’abord choisir le bon moment du virement de bord, puis faire le dos rond dans les conditions rudes du passage de front, qui ne vont durer que quelques heures. « Ce soir normalement je suis tiré d’affaire, bonne journée à tout le monde ! »

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