GEODIS à QUEBEC CITY…

Geodis n’aura jamais vu autant de monde à bord à la veille d’une transat… Quelle pagaille…mais quelle excitation de transater à 4, pour cette première Loic Legarec et Cyrille Dela motte Rouge nous accompagnent et amènent leur talent de régatiers.  Avec autant de très bons équipages autour de nous, le match s’annonce fabuleux, plus de 20 class 40, avec des pièges partout… Dès le depart où nous jouerons avec les méandres du St Laurent, jusqu’en Caspesie avant de contourner St Pierre et Miquelon, puis la face Nord Atlantique avant de finir en Manche… A suivre sur www.reportersdularge.com .

A bientôt, Armel.

charleston

Nouvelles du bord

Après s’être échoué à Charleston, côte Est Usa, dans la moiteur du baiou, la fin du calvaire s’est enfin achevé. Liberant Geodis de ce chantier naval au bord du fleuve; dans un décor de Louisiane, très guerre de Sécession, je quittais le 2 juin cette ville au lourd passé colonial dont l’opulence ostentatoire des demeures négrières fait aujourd’hui le bonheur des attrapes-touristes; on musarde sur les quais, là même où des milliers d’esclaves débarquaient menottés et meurtris, quittant l’enfer de la cale pour découvrir l’enfer des plantations. Allez matelot, cap au Nord, le Quebec libre nous attend ! Comme il est bon de revoir son fier navire fendre la lame, glisser sur la vague , porté par une brise thermique bien à propos; le sentir frétiller d’aise, s’ébrouer comme un jeune chien fou …après avoir pansé ses plaies, le voici dans son élement pour nous porter vers d’autres aventures; l’oreille sur le qui vive, ce convoyage n’est pas très reposant, je suis tendu, à l’ecoute de chaque son. Et quand vient le moment d’affronter vent fort et mer hachée, mon estomac se noue.

Mais nous sommes passés, faisant le dos rond, ménageant la monture, nous voici en approche de la Nouvelle Ecosse, le  ciel est gris de tistesse, sale depuis  ce matin, froid et si peu avenant, semblant nous exhorter de partir… c’est pas un coin pour vous ici allez ouste !Mais ô miracle, à la faveur d’une ronde sur le pont je tombe en pamoison devant une trouée rougeâtre venant défier cette uniformité sordide, le couchant sauve ma journée, l »égaye brutalement et me fait oublier ce froid mordant qui nous giffle à chaque sortie.

Maxime dort, et Martine boude… et moi j’ecris au chaud, enfin pas tant que ça, pas de chauffage à bord malheureusement, pas de porte fermée non plus, des courants d’air oui ça il y en a; des thés brûlants, mais insipides, j’ai la nostalgie passagère d’un thé noir fumé, puissant, transportant palais et  esprit bien loin de l’occident; le vent mollit, la mer s’applatit, le moteur tourne mais peine à rechauffer l’atmosphère; mon nez est froid et humide, on attend avec impatience les 3h de quart sous le duvet… le sommeil est si bon depuis seulement ce matin, tout le stress du bateau qui casse est évacué et je dors mieux.

Demain on touchera terre , mais du bout des yeux, comme une confiserie qu’on détaille derriere la vitrine, patience mon enfant, la terre promise est en Gaspesie ! Armel

REGATES ROYALES DE CANNES 2011

Royal à Cannes

Fin des régates royales sur Code O, magnifique dayboat de 10 m en carbone, dans un esprit de tradition http://www.blackpepper.fr/accueil/produits/Sailing-boats/Code-0/
J’ai répondu à l’invitation de Michel de Franssu , gérant du chantier Black Pepper et de l’heureux  propriétaire du Teewa 5 .Très belle semaine de régates en équipage. Au programme ; de la brise sous spi où le bateau a montré tout son potentiel avec sa carène puissante et des petits airs où il ne fallait pas se tromper de côté . La régate en méditerranée est souvent une affaire d’opportunisme. Toute la semaine nous avons optimisé le bateau, le rendant réellement compétitif et nous permettant de gagner une manche en temps réel ,mais sans pouvoir sauver notre handicap en temps compensé…
Après toutes ces années de course au large en solitaire, c’était ma première vraie régate en équipage en méditerranée , avec plus d’une centaine de voiliers de légendes , alors enrouler une bouée avec le plan Fife Moonbeam, ou les class J Shamrock et Lion Heart, rend la course magique. Les plus beaux voiliers classiques au monde était là sous mes yeux, à tirer des bords le long de l’ Esterel …  (

Prochaine étape, la Middle Sea Race, où, je retrouverai  Marek , Sime  et deux autres marins croates pour faire le tour de la Sicile au départ de Malte ( http://www.rolexmiddlesearace.com/index.cfm ), sur Fulcrum – Great Circle, le Class 40, que j’avais convoyé en Croatie… de l’équipage à nouveau et de la méditerranée encore…

fulcrum carto

Finish !

Lundi 18 Juillet

Dernier surf sous spi entre les îles croates, dernier soleil couchant, derniers quarts, le port de Sibenik nous attend. On y retrouvera Sime notre hôte Croate qui nous a promis un bel accueil. 16 jours de mer, bien salée, bateau sec et soleil de plomb bientôt derrière nous. On se faufile entre les cailloux sauvages aux noms évocateurs qui me rappelle Tintin . Marco Polo sort tout droit d’une de ces îles, certaines sont ouvertes aux visiteurs depuis peu… îles mystérieuses !
On va devoir passer aux douanes et prendre un permis de navigation, avant d’aller livrer le bateau à Trinunj et à son propriétaire… pour quelques bords en Adriatique avant de rentrer en Bretagne.

Bonne nuit, Armel.

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Pit’stop au Port d’Alger

Mercredi 13 Juillet
on a quitté Alger , après avoir rempli nos 80 litres de gazoil, une escale magique, là où personne ne va, il n’y a d’ailleurs rien sur l’ Algérie dans les guides maritimes, pays moribond, délaissé, une guerre pas digérée ? On est rentré dans le port avec un vent du sud, chargé de toute la chaleur accumulée sur le désert, un vent brûlant et poussiéreux, presque suffocant, irrespirable. Apres les formalités douanières zélées mais courtoises, on se dirige vers le port de commerce, immense, errant entre les cargos, remorqueurs et carcasses rouillées à la recherche d’une pompe…Paysage de désolation, sous les regards incrédules de nombreux marins au commerce, un quai sale nous attend, avec 2 jeunes algériens avenants, assez interloqués de voir un voilier de course chez eux. On repart avec nos bidons, sous contrôle du garde côte, inquiet de nous voir reprendre la mer avec ce vent du djebel , sirocco peut-être , qui nous propulse vers la Sicile. C’est la nuit et on est torse nu, il fait 30 °, c’est surréaliste on est bien loin de la Bretagne, ses pulls et cirés !

A bientôt, Armel.

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Majestueux détroit de Gibraltar !

Dimanche 10 Juillet
La Méditerranée nous a pris, happés par un soir d’été, on pénètre avec violence ou quietude dans cet espace clos. Notre passage fut magique, abstraction faite du moteur lancinant qui peine à nous propulser, le decor est sompteux. Le trait d’union entre Afrique et Europe est si mince, une porte de 8 milles , on relierait presque les deux continents avec les bras. Pour mieux vivre cet instant de grâce, on a coupé les moteurs, pour mieux sentir cette mer lisse, miroitante, ce calme absolu si rare au large, toujours brinquebalés par un résidu de houle. Le soleil tombe, la nuit approche, on apprécie. Et puis moteur, ça tourne… 5 nds , 6 au mieux jusqu’au prochain pit stop gazoil ! en Algérie…

Juillet 2011 : CAP sur la Croatie !

Armel a quitté la Trinité en début de week-end pour attaquer un long périple. Voici les 1ères nouvelles du bord :

« C’est bientôt fini l’Atlantique pour l’ex Monbana , d’ici 24h Fulcrum, le nouveau Class 40 ‘ de Marek, va s’engouffrer dans Gibraltar , pour ensuite longer l’Afrique , la Sicile, l’Italie, la Grèce puis la Croatie. Belle balade sur un beau bateau qui avance vite pour peu qu’il y ait du vent… ce qui est le cas en ce moment puisque nous déboulons le long du Portugal à 10-12 nds sous spi, saluant les carcasses métalliques aux cales remplies de Made in China !

La vie en mer en convoyage est toute autre qu’en course. Le pilote est à poste 24h/24h, la cambuse s’est agrémentée d’une poêle, d’une casserole, de légumes et fruits frais , d’une cafetière, oh combien réjouissante…. mmhh l’odeur du café frais et pain grillé au reveil !  Le tout accompagné de livres en tout genre que nos journées et nuits de quart nous laissent à loisir le temps d’apprécier.

C’est une autre manière d’aborder la mer et le large, différente encore de la croisière, où l’on flane de mouillage en port. Là nous avons un bateau à livrer et qui plus est un bateau de course. Ce sont des milles instructifs , des milles utiles pour la suite du programme en Class’ 40.

Mon second, Gunwall, douarneniste, surfeur et ami m’appelle sur le pont, il est temps d’empanner…. à bientôt. Armel

arrivée 2 Armel Record SNSM

1ère course… et 1er podium !!!

C’est définitivement trempés mais heureux de leur 2nde place que les 4 hommes de l’équipage de FULCRUM (Monbana) ont rallié en 21h49’16 »  le port de Saint-Nazaire, à une vitesse moyenne de 10,54 nds. Après avoir mené la course jusqu’à la bouée de Sainte-Marine, le class’40 emmené par Armel TRIPON s’est finalement laissé prendre la 1ère place pour grimper sur la 2ème marche du podium. Pour une première participation à une course officielle sur 40 pieds, notre skipper transi de froid affiche pourtant un beau sourire à l’arrivée. Bravo !!! (photos Bruno Bouvry)

20 juin 2011 à 12:22 « Ici on a deux litres dans chaque botte, polaire chaude mais humide… Enlever des algues à plus de 12 nds, c’est s’exposer à de gros risques et quand on navigue moins on oublie les bons réflexes : résultat zéro rechange ! Donc la bouilloire tourne plein pot, thé brulant obligatoire. On s’est bien bagarré toute la nuit avec Bureau Veritas qui a enroulé la bouée dans notre sillage mais a été plus malin dans la descente… On est redevenu chasseur pour finir cette très belle regate ! Quand je pense que les gars de Banque Populaire ont avalé cela a en quelques heures, tous seuls dans leur coin, même pas drôle ! (rires) » Armel.

1ère course sur Class’40 !

Le sourire aux lèvres au départ du Record SNSM donné hier à Saint-Nazaire, Armel est un navigateur heureux ! Après une longue trêve hivernale, il reprend la barre en tant que skipper du Class’40 MONBANA. Entouré de 2 équipiers avertis, il pourra se frotter aux 10 autres 40 pieds inscrits pour cette édition 2011. Alors que le Trimaran Banque POpulaire vient de pulvériser le record absolu en à peine + de 11h de course, Armel TRIPON sur Class’40 est encore en course comme ses concurrents pour réaliser la boucle passant par Sainte-Marine, le large de Belle-île et un « crochet » par l’Ile d’Yeu avant de retrouver Saint-Nazaire, leur port d’attache. Puis très vite notre navigateur reprendra du service pour convoyer le Class’40 MONBANA vers d’autres contrées aux températures plus clémentes, comme La Croatie, la Sicile… Mais nous y reviendrons ! + d’infos sur le site officiel du record SNSM.

Message du bord d’Armel reçu hier soir à 21:46, qui fait vraiment plaisir et ne fait que confirmer son bonheur d’être sur l’eau !

« Hello la terre,
Fulcrum a déployé ses voiles et s’envole avec ses camarades de jeu… Il pleut, il fait gris, ça mouille et ça tape, on est sur la tranche mais on file et c’est bon ! C’est même extraordinaire de se retrouver de nouveau en régate. Que l’hiver était long ! Pascal a quitté sa voilerie pour se faire rincer, Marek est un propriétaire heureux, Tristan jubile et moi je suis comme un gamin … la course s’annonce très belle !
Bonne nuit au sec ! Armel »