Moins de 1000 milles à couvrir… Dans le sud des Açores, Armel Tripon retrouve avec bonheur du vent stable et des vitesses élevées à bord de L’Occitane en Provence. Il se bat pour tenter de ravir la dixième place à Maxime Sorel. Il explique (en plaisantant) pourquoi ce tour du monde est trop court pour lui.

Nous avons pu joindre Armel Tripon en mer ce mardi midi 26 janvier. Il assure que tout va bien à bord, rasé de près et moral au beau fixe. « La nuit dernière était encore compliquée avec du vent instable qui oscillait entre 9 et 18 nœuds, mais c’est enfin plus stable depuis quelques heures ». L’Occitane en Provence glisse à vitesse élevée, souvent à plus de 20 nœuds, sur une houle qui se forme. « Cette fois nous avons accroché les systèmes de dépressions » explique Armel Tripon.

« L’été est terminé, on se rapproche de la maison »

« L’été est hélas terminé, je ne vis plus à moitié nu sur le bateau. J’ai remis des chaussettes, un collant, des polaires… hier soir j’ai même ressorti un petit bonnet. C’était bien la chaleur, mais c’est bien aussi de constater que la température redevient de saison, car cela veut dire qu’on approche de la maison ! » La « maison », c’est dans un premier temps Les Sables-d’Olonne, maintenant à moins d’un millier de milles (moins de 1852 kilomètres donc) devant l’étrave arrondie du plan Manuard construit par Black Pepper.

Conquérir la 10e place et terminer avant le gros temps

L’Occitane en Provence file bon train, environ 300 milles au sud de l’Archipel des Açores et la tentative de conquête de la dixième place est plus que jamais d’actualité. « Je glisse entre 18 et 22 nœuds, sans demander trop d’efforts au bateau. Ce sont de belles conditions de glisse et la chasse à la dixième place est toujours en cours. » Revenir sur Maxime Sorel « reste un de mes objectifs, même si le premier de tous est évidemment de boucler ce tour du monde. Il ne faut pas croire que ça se fait tout seul, parce que Maxime continue de bien naviguer et d’être rapide avec son bateau léger, mais j’ai toujours cette envie. Je lui ai déjà repris 500 milles… il en reste environ 80, c’est toujours jouable et je m’y emploie.»

Entre deux plaisanteries sur ce « dernier mardi en mer, qui sera suivi du dernier mercredi, puis du dernier jeudi etc. » on parvient tout de même à faire estimer au skipper de L’Occitane en Provence son arrivée aux Sables-d’Olonne. Ce serait donc « dans la nuit de vendredi à samedi, disons tôt samedi matin ». Et « il ne faut pas traîner en route », parce qu’une dépression assez creuse va balayer le Vendée Globe ce week-end, avec des vents forts et une mer grosse. Raison de plus de ne pas mollir, même si « il n’y a pas de souci, normalement je reste devant cette dépression » rassure Armel. Une fois de plus il faut doser l’effort : primo ne pas prendre de risques inconsidérés pour boucler le tour du monde, secundo tenter de conquérir la dixième place, tertio arriver avant le mauvais temps.

« J’ai hâte d’arriver »

Sur ces trois objectifs, Armel Tripon est confiant… et il ne cache pas son impatience de finir, de boucler ce Vendée Globe, ce tour du monde en solitaire qui est autant une grande aventure qu’une course. « Oui maintenant j’ai hâte d’arriver, de retrouver ma famille, toute l’équipe, les copains et les proches. On va réussir quelque chose de grand. Et puis si la croisière on voudrait que ça ne s’arrête jamais, la course au large c’est tout de même beaucoup moins confortable et c’est bien aussi quand ça s’arrête ! ».

Des pronostics sur le vainqueur

On peut le comprendre : ce mardi après-midi Armel Tripon et les 24 autres marins que les océans ont laissé passer attaquent leur 80e jour de mer. C’est long 80 jours seul en mer. Au passage, un pronostic sur le podium, très indécis ? « Franchement, c’est impossible à dire. Comme ça, à la louche, je vois bien un tiercé entre Charlie (Dalin), Boris (Herrmann) et Yannick (Bestaven)… mais c’est très compliqué de s’avancer tellement c’est serré, entre autres avec le jeu des compensations qu’ont Yannick et Boris. Charlie et Yannick ont été longtemps en tête tous les deux, pas Boris, mais c’est la fin qui compte. Personne ne peut dire qui va l’emporter ».

Le plus rapide de l’équateur à l’équateur, « une belle satisfaction »

Côté chiffres, le skipper de L’Occitane en Provence a bien noté qu’il avait été le plus rapide de la flotte entre l’équateur aller et l’équateur retour. « C’est une belle satisfaction, cela montre qu’on est dans le vrai avec nos choix pour le bateau ». Et cela inspire à Armel Tripon une petite plaisanterie supplémentaire : « il est beaucoup trop court pour moi ce tour du monde ! Avec un demi-tour du monde de plus je passais devant tout le monde ! On devrait rallonger le parcours… Allez j’y retourne, j’ai du travail. Rendez-vous dans trois jours aux Sables-d’Olonne ! »

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