Le skipper de L’Occitane en Provence a franchi l’équateur retour hier soir mardi 19 janvier, tout heureux d’y trouver plus de vent que prévu. Il devrait même sortir du pot au noir dans quelques heures, sans s’être arrêté ! A des vitesses moyennes élevées, Armel Tripon est de retour dans l’hémisphère nord et s’est beaucoup rapproché de la 10e place. Nous avons pu le joindre ce mercredi midi.

Un beau symbole et une bonne chose de faite : Armel Tripon a franchi l’équateur hier soir mardi 19 janvier, après un peu plus de 72 jours seul en mer. Le skipper de L’Occitane en Provence est d’attaque, avec le grand moral qui le caractérise pour la dernière partie de cette course hors normes. « A priori il me reste encore 9 à 10 jours de mer, ce qui nous ferait une arrivée aux Sables-d’Olonne le 29 ou le 30 janvier », témoigne Armel ce matin, de la bonne voix du skipper confiant… et conscient d’avoir fait un joli coup, ces cinq derniers jours.

« Je me suis bien rapproché »

Armel Tripon raconte : « Je me suis bien rapproché de Maxime Sorel (V and B-Mayenne, 10e), il faudrait faire les comptes mais j’ai repris beaucoup de milles, je pense ». Nous avons fait les comptes. Et, en effet, ce mercredi matin Armel Tripon est à moins de 200 milles du fameux Top 10 auquel rêvaient avant le départ les 33 skippers de cette neuvième édition du Vendée Globe. L’Occitane en Provence pointe à 185 milles de Maxime Sorel, contre 560 milles il y a cinq jours, le 15 janvier ! « Je ne vais pas vendre la peau de l’ours, ce n’est pas gagné d’avance » commente Armel Tripon, « mais s’il y a une occasion de revenir je la tenterai évidemment, il reste encore 3200 milles à parcourir. On verra bien, la priorité etant désormais de boucler ce tour du monde. »

Un pot au noir favorable : « Je n’ai pas à me plaindre…»

L’autre bonne nouvelle du jour, en plus du passage de l’équateur et du rapprochement vers la dixième place, c’est que le pot au noir (la zone de convergence intertropicale qui alterne souvent entre des grands calmes très pénalisants et des grains violents) est plutôt favorable pour L’Occitane en Provence. Armel Tripon raconte : « J’ai des conditions plus ventées que ce que prévoyait la météo, donc je n’ai pas à me plaindre ! Là j’ai 18 nœuds de vent. Je pensais que ça allait être un passage douloureux, mais en fait ça a été assez rapide. J’ai repris quelque chose comme 300 milles à Maxime Sorel (365 milles, même). Je ne me suis jamais arrêté. J’ai eu du vent tout le temps, au minimum 11 nœuds pendant quelques heures, et je crois que je ne vais plus m’arrêter maintenant. Je serai vraiment sorti du pot au noir ce mercredi soir. D’ailleurs je commence à avoir la mer du vent de nord-est : c’est celui de la prochaine transition que je vais chercher. Ensuite, on aura trois jours de près… »
Derrière la voix enjouée du skipper, on entend la mer qui tape violemment contre la coque de L’Occitane en Provence. « La mer est chaotique, ça tape ! » confirme Armel. « Il fait chaud à l’équateur, mais c’est humide et je ne peux pas mettre le nez à la fenêtre, car ça mouille beaucoup. Il me reste trois jours un peu pénibles à naviguer au près, avant de retrouver du vent portant. Ensuite, la situation semble assez sympa : on devrait avoir un grand bord tout droit avant de récupérer la bordure sud des dépressions pour remonter vers l’Espagne. Mais on n’en est pas encore là.»

« Il ne faut pas s’inquiéter pour moi »

Pour l’heure il faut tenir, bien doser l’effort jusqu’à l’arrivée pour ne surtout pas casser. Côté vivres, Armel Tripon est rassurant : il maîtrise son rationnement. « Il ne faut pas s’inquiéter pour moi. J’ai de quoi me faire encore un petit déjeuner et un repas chaud le soir. Il n’y a que pour déjeuner que je me rationne en me contentant de barres de céréales. Donc pas de souci, ça ira comme ça jusqu’à l’arrivée. Le moral est excellent, tout va bien à bord !»
Le bateau ? « Aucun problème côté structure c’est nickel : on vit bien ensemble le bateau et moi. Comme tout le monde je fais chaque jour de petites bricoles comme par exemple remplacer un boute (cordage) ou remettre un patch sur une voile, mais c’est de l’usure normale après 73 jours de mer autour du monde. Soixante-treize jours, je ne me rends même plus compte de ce que cela représente, moi qui n’en avait jamais passé plus de 25 en mer ! On va boucler ce tour du monde en 83 jours, quelque chose comme ça. C’est une sacrée aventure tout de même… »

 

 

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