Tout va beaucoup mieux pour Armel Tripon ! C’est même le meilleur moment depuis le départ pour le skipper de L’Occitane en Provence qui était le plus rapide de la flotte du Vendée Globe jeudi et vendredi et est encore dans les plus véloces ce samedi 28 novembre. Il a recollé au groupe de quatre bateaux qui le précédaient et les conditions lui sont favorables. Il devrait pouvoir mettre le cap vers Bonne Espérance demain dimanche.

 

« C’est top, ça va vite et le bateau glisse sans effort, la mer s’est rangée, c’est super agréable… » Enfin des conditions favorables ! Le skipper de L’Occitane en Provence se régale depuis qu’il est arrivé au large des côtes brésiliennes. Tous les voyants sont au vert : le vent a adonné comme il l’espérait, il a effectué sa pénalité de quatre heures qui n’est plus qu’un mauvais souvenir, il a recollé au groupe de quatre bateaux qui le précédait de 130 milles voilà encore 36 heures et il va très vite : aux environs de 20 nœuds de moyenne !

 

« Des surfs à 23 nœuds dans 20 nœuds de vent »

De plus, l’anticyclone de Sainte-Hélène semble négociable par le sud et Armel Tripon devrait pouvoir mettre le clignotant à gauche pour faire une route plus directe en direction du cap de Bonne-Espérance. « J’ai encore environ 400 milles à faire vers le sud avant de pouvoir mettre le cap vers l’est » explique-t-il. Et comme le plan Manuard construit par le chantier Black Pepper va très vite en ce moment  (« on fait des surfs à 23 nœuds dans 20 nœuds de vent ») on peut estimer que ce sera dès dimanche soir qu’Armel pourra changer de trajectoire et traverser l’Atlantique sud d’ouest en est pour se diriger vers l’Océan Indien.

 

Le plus rapide de la flotte jeudi et vendredi

Avant-hier, L’Occitane en Provence était le bateau le plus rapide de toute la flotte du Vendée Globe, avec 380 milles parcourus jeudi et 413 milles vendredi. Ce samedi matin,  il est encore très véloce : environ 20 nœuds de moyenne. Armel a repris une place supplémentaire ces dernières 24 heures : après être déjà revenu de la 32e à la 24e position, il est désormais 23e devant le bateau de l’Anglaise Pip Hare et il pourrait aller chercher rapidement la 20e place. Car il est aussi logiquement le plus rapide de ce groupe de quatre et donc espère bien passer devant Didac Costa, Manuel Cousin et pourquoi pas devant Arnaud Boissières, un marin venu de la classe Mini comme lui et qui a beaucoup d’expérience en IMOCA puisqu’il court son quatrième Vendée Globe.

L’Occitane en Provence, avec ses immenses foils, navigue logiquement et volontairement un peu plus abattu (un peu plus écarté du vent) que La Mie Câline, le bateau d’Arnaud Boissières. Ce matin Armel a l’avantage en vitesse pure : à surveiller donc, car s’il y parvient repasser de la 32e place (consécutive à l’avarie) à la 20e serait déjà un joli coup après 20 jours de course, « ils sont un peu plus à l’intérieur que moi donc plus proches du but théorique mais j’ai gagné en latitude vers le sud et je pense que je vais les mettre derrière moi. Mais il faut être patient, ça ne se fait pas tout seul en claquant des doigts. »

 

« C’est le meilleur moment depuis le départ ! Du rêve en barres ! »

Le réellement important reste d’être toujours dans l’aventure après trois semaines de mer. Côté moral et vie à bord, tout va pour le mieux pour l’inoxydable skipper nantais, au bonheur communicatif. « Franchement, c’est nickel ! J’ai fait une bonne nuit de repos. La mer s’est bien rangée, le bateau glisse vite sans forcer dessus. L’idée est de rester rapide tout le temps. Avant d’aller attraper le front il y aura une transition avec l’anticyclone qui se regonfle un peu, une petite dorsale avec un peu moins de vent. Mais là, c’est du rêve en barres ! Il fait grand soleil, le bateau ne force plus du tout, c’est de la glisse, j’adore ça… »

Armel poursuit : « J’attends que le vent mollisse un peu pour renvoyer une voile plus grande devant : le J0 à la place du J2. Cette nuit, il y avait des rafales et il ne faut pas se précipiter à manœuvrer avec ces bateaux car une seule manœuvre prend 40 minutes ! Donc il faut réfléchir dans le bon sens, car changer de voile pour seulement deux ou trois heures n’est jamais payant. Le truc est d’avancer vite en étant légèrement sous toilé et renvoyer plus grand quand ça commence à mollir. Il faut bien choisir son moment. »

Quand on lui demande si c’est sa meilleure période depuis le départ du Vendée Globe, voilà 20 jours, le skipper de L’Occitane en Provence répond sans hésiter, dans un grand éclat de rire : « Clairement oui ! Bien sûr que c’est le meilleur moment depuis le début de la course et ça fait du bien de faire du bateau normalement, à des vitesses élevées, avec de belles conditions ! J’ai un super moral, il y a une ouverture pour négocier l’anticyclone de Sainte-Hélène sans trop ralentir, j’aurais tort de me plaindre ! Et puis, la route est très longue : à mon avis, en temps passé sur l’eau on n’est encore qu’au premier quart de ce Vendée Globe. Il faut être patient, attentif, aller vite… et être conscient qu’il va se passer beaucoup, beaucoup de choses dans les deux mois qui viennent ! »

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