Armel Tripon s’est hissé en pleine mer dans le mât de L’Occitane en Provence, à 15 mètres d’altitude (ancrage du J3), aujourd’hui vendredi 13 novembre. Il ainsi pu remettre en place une voile qui sécurise son gréement et évite à son mât de se tordre vers l’arrière. Opération périlleuse réussie : maintenant il peut de nouveau utiliser toute sa grand-voile et établir des voiles d’avant qui vont en tête de mât, autrement dit naviguer normalement. Il a envoyé le spi.

« Je viens d’aller faire un tour en altitude et je confirme que l’homme descend du singe ! La mer bougeait beaucoup, je me suis fait brinquebaler dans tous les sens pendant une heure : à 15 mètres de haut je m’accrochais comme un chimpanzé autour d’un arbre. Au point que je viens d’en redescendre complètement tétanisé, tous les muscles en vrac. Je n’ai pas trop de bobos j’avais mis des genouillères, des protections… Mais j’ai réussi, je viens de renvoyer toute ma grand-voile et le grand spi. Même si la réparation n’est pas tout à fait finie, je peux de nouveau naviguer normalement et ça, c’est une victoire. Je suis content !»

« La course continue ! »

Armel Tripon n’a jamais perdu le moral malgré l’avarie qui le prive de la bataille en tête de course, mais on le sent regonflé à bloc avec cette réparation réussie. Et tant pis s’il ne va pas recoller tout de suite à la tête de course, puisqu’ils ont maintenant un système météo d’écart. « Je m’attends à avoir peut-être 1000 milles de retard au Pot au Noir, car les bateaux de devant vont partir avec la fameuse dépression Theta, pendant que moi je vais peut-être mettre 24 heures à me sortir de la zone de vents faibles. Mais je le savais, c’est la dure loi du sport et quand je pense à Jérémie (Beyou, qui a fait demi-tour vers Les Sables-d’Olonne) je n’ai pas le droit de me plaindre. La route est très longue,  il y aura des opportunités… et la course continue, c’est l’essentiel ! »

Comprendre l’avarie et la réparation essentielle d’aujourd’hui

Pour bien comprendre l’opération, ce qui a été fait et pourquoi – ainsi que ce qu’il reste à faire dans l’idéal – voici le résumé des étapes successives de ce fait de course.

  1. L’avarie : le Hook (crochet) de J3 a cédé alors que les bateaux filaient vers un front, au large du Portugal. Cette voile dont l’étai joue un rôle structurel dans le gréement est tombée sur le pont. L’Occitane en Provence ne pouvait donc plus naviguer avec des voiles en tête de mât sans risquer de démâter !  Armel a fait demi-tour pour préserver le bateau puis il a envisagé de trouver un mouillage en Espagne pour y tenter une réparation.
  2. Le même jour, et après réflexion, une solution de réparation en mer a été choisie ! Armel a alors repris son cap sur la route du Vendée Globe, par prudence, sous voilure réduite et donc à vitesse relativement faible pour ne pas risquer de démâter dans une rafale, ou un départ en survitesse. Privé de ce « J3 », le mât peut partir en arrière à tout moment… Stressant !
  3. Première ascension au mât réussie ! C’est l’étape très importante d’aujourd’hui, vendredi 13 novembre. Armel Tripon est parvenu à établir de nouveau une voile qui retient à présent le mât du bateau en l’empêchant de partir vers l’arrière (ce qui était la fonction du J3 cassé). Armel peut de nouveau naviguer normalement et renvoyer de la voile jusqu’en tête de mât. Et c’est ce qu’il fait immédiatement : grand-voile haute et grand spi pour s’extraire d’une zone de vents faibles (8 nœuds de vent sur zone au moment de la réparation aujourd’hui).

 

  • – Hook de J3 cassé –
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