Après trois jours de navigation à grande vitesse, le vent et la mer se sont calmés pour Les P’tits Doudous, l’Ocean Fifty d’Armel Tripon et Benoît Marie. Et pour cause : le trimaran entre dans le célèbre Pot au Noir. Au plaisir d’une navigation enfin agréable s’ajoutent à la fois un paysage somptueux et la satisfaction de tenir tête à Leyton, qui était le favori de cette Transat Jacques Vabre au départ du Havre. Nous avons pu joindre Armel et Benoît en mer. Moral au top.

Ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous sont loin de toute terre habitée. Armel Tripon et Benoît Marie naviguent par 7°59 nord et 26°47 ouest, c’est-à-dire au beau milieu de l’océan Atlantique. Ils évoluent environ 500 milles dans le sud de l’archipel du Cap Vert et à 800 milles de l’île Fernando de Noronha, au large du Brésil, que les Ocean Fifty doivent aller virer avant de remonter vers les Antilles.

 

« On a un camarade de jeux »

En 5e position, ils sont à la lutte pour conquérir la 4e place toute proche, bord à bord avec Leyton, le multicoque de Sam Goodchild et Aymeric Chappellier qui était le grand favori au départ du Havre.

« On a un camarade de jeux » plaisante Armel Tripon, « on les a vu apparaitre à l’AIS sur notre écran hier soir et maintenant ils sont tout près, on les voit sous notre vent. Ils ne voulaient pas traverser le Pot au Noir tout seuls ! » Franche rigolade à bord des P’tits Doudous. Qui exprime aussi la satisfaction de tenir tête au bateau le plus en vue cette saison chez les Ocean Fifty.

Pour Benoît Marie qui ne cesse de dire son plaisir d’être là c’est un signe positif : « Ils ont pu s’entraîner beaucoup plus que nous et là c’est à toi, à moi : un coup on va plus vite qu’eux, un coup c’est l’inverse. Cela veut dire qu’on rivalise en vitesse et ça c’est très satisfaisant ».

 

« Le bateau est fabuleux, c’est une machine à fabriquer du vent »

Avec les prémices des calmes du Pot au Noir, la vitesse a chuté (c’est le cas pour toute la flotte). Armel Tripon explique : « ça fait un peu bizarre après trois jours à foncer entre 20 et 25 nœuds. Mais il faut se rendre compte aussi à quel point Les P’tits Doudous sont fabuleux. En ce moment on a entre 9 et 11 nœuds de vent et on arrive à avancer entre 15 et 18 nœuds. Ce bateau est incroyable, c’est une vraie machine à fabriquer du vent ! »

Ce n’est « que du bonheur » répètent Armel et Benoît, de très bonne humeur. « On a un gros moral oui, comment pourrait-on ne pas l’avoir ? La navigation est très agréable, on ne se fait plus rincer par les embruns sur le pont, et le paysage est splendide ». Armel Tripon décrit : « La carte postale est magnifique. Il y a des énormes cumulus devant nous. Le brassage thermique est incroyable à cet endroit de la planète. Des énormes cathédrales de nuages montent au ciel et apparaissent puis disparaissent comme par enchantement. La mer est plate, on essaye de se faufiler à travers ces gros nuages pour aller le plus vite possible. Ce sont des belles conditions de navigation ».

Et puis il y a ce concurrent tout proche, à vue au milieu de l’Atlantique, qu’il ne faut pas laisser s’échapper. « On est contents » confirme Benoît Marie « On avait 35 milles de retard sur Leyton aux Canaries, on a réussi à revenir à leur niveau et depuis le dernier empannage on est à la même vitesse qu’eux. Pour nous, c’est déjà une petite victoire de les tenir à la régulière, sachant que Leyton était le bateau le plus performant de la saison. »

 

 

Début du 10e jour de course

Au moment d’attaquer le début du dixième jour de course, les deux marins font le point sur la suite des événements. « C’est encore trop tôt pour savoir si on va être beaucoup freinés par le Pot au Noir, car il y a un petit phénomène météo, une onde d’est, qui pourrait changer la donne » explique Armel Tripon. Benoît Marie, lui, évoque les routages qui les feraient doubler avant vendredi l’archipel Fernando de Noronha, au large de Natal, au Brésil.  « Ensuite il restera 2000 milles (soit environ 3700 km) jusqu’à l’arrivée. On peut espérer couvrir 500 milles chaque jour, en tous cas on y croit, ce qui ferait qu’une fois à Fernando de Noronha il nous resterait quatre jours de navigation, ce qui nous donnerait une arrivée vers le 22 ou 23 novembre ». Une estimation à prendre avec grande précaution, comme toujours, car au final c’est bien la météo qui décidera.

Les P’tits Doudous sont en état impeccable pour boucler cette deuxième moitié de course : « on n’a rien cassé à bord, rien du tout, le bateau est à 100% de son potentiel… nous aussi ! »

Il y a des rires à bord. C’est bon signe.

 

En bref. Au pointage de 13h ce mardi 16 novembre, Les P’tits Doudous est à 2800 milles de l’arrivée, au milieu de l’Atlantique. En cinquième position à 211 milles du leader Primonial et à quasi-égalité avec le 4e Leyton.

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